Le Covid, troisième cause de mortalité en 2021
Les autorités sanitaires pointent des effets indirects de la crise sanitaire sur une hausse de la mortalité associée à d’autres maladies.
Inserm, Drees et Santé publique France dévoilent aujourd’hui les résultats d’une étude portant sur les causes de décès en France en 2021.
Ainsi, 660 168 décès ont été recensés, soit moins que l’année précédente (667 497) mais un nombre toutefois beaucoup plus important que celui des années précédentes, et ce en prenant en compte une population vieillissante.
Covid : des conséquences toujours présentes
Toutes causes confondues en 2021 donc, le Covid a causé 61 000 décès, soit 9% d’entre eux. Il est comme l’année précédente troisième cause de décès après les tumeurs et maladies de l’appareil respiratoire. Avec une couverture vaccinale moindre, l’épidémie a particulièrement affecté les départements et régions d’outre-mer.
Contrairement à la période 2015-2019, dans laquelle on notait une baisse des décès liées aux maladies endocriniennes, nutritionnelles et métaboliques, en 2021 cette tendance est inverse.
Comment expliquer ces changements ?
Les chiffres de 2021 intègrent également une augmentation des morts associées aux maladies digestives et de l’appareil circulatoire. Les auteurs de l’étude expliquent avec prudence que « Les écarts par rapport à la tendance passée sont cohérents avec les résultats internationaux et contribuent à documenter des possibles effets directs et indirects de l’épidémie de Covid-19 sur la mortalité ».
Contexte épidémique et contraintes associées peuvent expliquer ces modifications, comme « des effets indirects de l’épidémie de Covid-19 (retard de prise en charge, isolement social plus important jouant sur les comportements, hausse de la consommation nocive d’alcool, difficultés d’accès aux soins, séquelle pour ceux dont la Covid-19 est en cause associée, etc.) ».
D’autres mortalités baissent
D’un autre côté les décès relatifs aux maladies respiratoires, du système nerveux dont Alzheimer et autres maladies neurodégénératives sont en baisse, et de façon plus importante qu’en 2015-2019 : « Ces baisses pourraient être liées, comme en 2020, à une concurrence entre la Covid-19 et ces autres causes. Il est possible qu’une partie des personnes décédées de la Covid-19 seraient décédées d’une autre cause la même année, en l’absence de pandémie ».
Qu’attendre pour 2022, même s’il ne s’agit que de premiers chiffres ? Selon l’Insee, il faut s’attendre à « un surcroît de 54.000 décès par rapport à ceux attendus en l’absence d’épidémie de Covid-19 ou d’autres événements inhabituels ».
Si le Covid serait responsable de 41 000 personnes en 2022, la hausse la plus importante sera à chercher du côté les maladies de l’appareil respiratoire, avec 9 000 décès de plus qu’en 2021. Quelle cause ? Sans doute les deux épisodes épidémiques hivernaux.