La dirigeante d’Eurostar défend des prix bien éloignés du « low cost »

Image d'illustration. Le tunnel sous la MancheADN
Face à des prix de billets jugés élevés, la dirigeante d’Eurostar défend la politique tarifaire de l’entreprise, expliquant les raisons qui éloignent le service ferroviaire transmanche d’un modèle à bas coût.
Tl;dr
- Eurostar défend ses prix et son service.
- La saturation des gares freine la croissance.
- L’ouverture à la concurrence est attendue.
Eurostar défend sa politique tarifaire
Au cœur de l’actualité ferroviaire transmanche, Gwendoline Cazenave, directrice générale d’Eurostar, a voulu clarifier la stratégie tarifaire de son entreprise. Dans ses locaux londoniens, avec vue sur la gare de St Pancras, elle s’est exprimée sans détour : « Eurostar, ce n’est pas une compagnie low cost ». L’entreprise, régulièrement pointée du doigt pour ses tarifs élevés entre Paris et Londres — souvent supérieurs à ceux de l’avion, surtout lors des pics d’affluence — assume pleinement sa position. Pour madame Cazenave, le service proposé explique les choix de prix, d’autant qu’Eurostar détient 80 % du marché sur ce trajet face à l’aérien.
Saturations et ambitions européennes
Cependant, tout n’est pas qu’affaire de politique commerciale. Les infrastructures actuelles atteignent leurs limites. À la fois à la Gare du Nord et à St Pancras, la saturation pèse sur le développement du trafic. « Il faut plus de place », martèle la dirigeante, insistant sur le rôle que doivent jouer les institutions publiques dans cette évolution, alors même que la délégation présidentielle française se trouvait au Royaume-Uni.
Croissance annoncée et perspectives ouvertes
Malgré ces contraintes logistiques, les ambitions ne manquent pas. Plus de 8 millions de passagers empruntent déjà chaque année le tunnel sous la Manche. D’ici à 2030, Eurostar vise deux millions de voyageurs supplémentaires. Un objectif qui devrait s’appuyer sur l’acquisition attendue de jusqu’à cinquante nouveaux trains — décision sur le constructeur prévue avant fin 2024 — mais aussi sur l’ouverture prochaine de deux nouvelles lignes vers Genève et Francfort au départ de Londres.
Notons que face à ces chiffres, Gwendoline Cazenave rappelle un conseil souvent négligé : anticiper permet d’accéder aux billets les moins chers, voire des offres spéciales via le service Eurostar Snap. Un argument qu’elle oppose régulièrement à ceux qui dénoncent le coût moyen élevé du voyage.
L’arrivée imminente de nouveaux concurrents
Un autre enjeu majeur se dessine : celui de l’ouverture du marché. Plusieurs compagnies étrangères – parmi lesquelles l’italienne Trenitalia, la britannique Virgin, l’espagnole Evolyn ou encore la néerlandaise Heuro – convoitent désormais cette ligne emblématique. La concurrence pourrait rebattre les cartes, relançant peut-être une guerre des prix tant attendue par certains usagers en quête d’alternatives moins onéreuses.
Si Eurostar conserve une solide avance grâce à sa politique tarifaire affirmée et un réseau performant malgré les embouteillages dans les gares, l’horizon s’annonce animé par l’arrivée prochaine de nouveaux acteurs.