En bref
- Kevin Lamour quitte la Fifa
- Le dirigeant avait critiqué Gianni Infantino
- Le débat sur la gouvernance reste ouvert
Le départ de Kevin Lamour ne règle rien à la crise interne qui agite la Fifa. Le projet d’ouverture à des investisseurs privés a bien été abandonné, mais c’est l’un de ses opposants les plus visibles qui sort de l’organigramme.
Un départ acté, sans explication publique
La Fifa a confirmé lundi 17 août 2026 la fin de sa collaboration avec Kevin Lamour, en tant que directeur général des opérations. La rupture prend effet à cette même date.
L’instance a simplement indiqué, par la voix d’un porte-parole, qu’elle remerciait le dirigeant français pour ses deux années de service et lui souhaitait bonne chance pour la suite. Et c’est tout. Aucun commentaire supplémentaire n’a été donné sur les raisons précises de ce départ.
Le projet abandonné qui continue de coûter cher
Ce calendrier pèse forcément. Kevin Lamour faisait partie des plus hauts responsables à avoir contesté le projet de Gianni Infantino, qui voulait ouvrir la Fifa à des investisseurs privés.
Le projet a depuis été retiré, mais il continue de diviser le monde du football. Derrière le dossier financier, il y a aussi un débat plus large sur la gouvernance de Gianni Infantino, candidat à sa réélection en mars 2027.
Une contestation rare au sommet de l’instance
Avant ce départ, Kevin Lamour occupait un poste central. Arrivé en novembre 2024 après un passage à l’UEFA, il supervisait plusieurs secteurs clés, notamment le juridique, la communication et le personnel.
Ses critiques avaient marqué, justement parce qu’elles venaient du sommet. Il avait dénoncé « le projet d’une seule personne » et estimé que ce plan ne devait pas voir le jour. Il avait aussi appelé les dirigeants du football à se poser les bonnes questions et à prendre les bonnes décisions.
Dans le même registre, il jugeait que les employés de la Fifa « méritent mieux que le mépris et l’intimidation ». Et il ajoutait, en assumant le risque personnel, « si cela signifie que je perds mon emploi, tant pis », avant de conclure « au moins, je dormirai bien cette nuit ».
Infantino fragilisé jusque dans son entourage
Kevin Lamour n’était pas isolé. Arsène Wenger, ancien entraîneur désormais cadre de la Fifa, et Mattias Grafström, considéré comme le numéro 2 de l’instance, ont eux aussi salué l’abandon du projet porté par Gianni Infantino.
Bref, ce départ dépasse le simple mouvement de personnel. Il montre que les fractures ouvertes par ce dossier restent présentes au plus haut niveau de la Fifa, à quelques mois d’une séquence politique importante pour Gianni Infantino.