Interdiction imminente en France : la fin annoncée des tisanes, bonbons et huiles au CBD

Les autorités françaises s'apprêtent à interdire la commercialisation de nombreux produits alimentaires contenant du CBD, tels que tisanes, bonbons ou huiles. Cette décision, attendue prochainement, vise à encadrer strictement la vente de ces articles.

Intérieur douillet de boutique cbd
Image d'illustration. Intérieur douillet de boutique cbd — ADN

Tl;dr

  • Interdiction du CBD alimentaire en France dès le 15 mai.
  • Forte inquiétude pour les boutiques et producteurs de CBD.
  • Les produits à fumer ou vapoter restent autorisés.

Une interdiction imminente du CBD alimentaire

Le couperet est tombé : dès le 15 mai, la commercialisation du CBD alimentaire sera interdite sur le territoire français. Huiles, infusions, bonbons… tous ces produits devront disparaître des rayons, conformément à une décision prise par la Direction générale de l’alimentation (DGAL).

Cette dernière s’appuie sur le règlement européen « Novel Food », qui exige une autorisation spécifique pour tout aliment non traditionnellement consommé dans l’UE. Or, à ce jour, aucune autorisation n’a été accordée aux produits contenant du CBD. Jusqu’à présent tolérés sous certaines conditions, ils seront désormais prohibés.

Un secteur sous tension et en colère

Du côté des professionnels, la réaction ne s’est pas fait attendre. Pour Paul Maclean, représentant de l’Union des professionnels du CBD, cette décision représente « une position aberrante », qui met en péril toute une filière.

Selon ses estimations, plus de 2000 boutiques spécialisées – souvent situées en centre-ville – risquent la fermeture pure et simple. L’inquiétude est d’autant plus grande que le CBD alimentaire représenterait près de 40 % du chiffre d’affaires de ces commerces.

Dérives industrielles et menaces sur l’agriculture locale

La voix agricole n’est pas moins inquiète. La Confédération paysanne, troisième syndicat agricole en France, monte au créneau pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « menace directe sur la filière ». Selon elle, cette mesure frappe « des centaines de producteur·rices, fermes diversifiées et circuits courts ». À ses yeux, seuls les industriels disposent des moyens nécessaires pour décrocher une coûteuse dérogation au règlement européen, renforçant ainsi leur domination au détriment des petits acteurs ruraux.

Voici ce que redoutent désormais nombre de professionnels et agriculteurs :

  • Pertes économiques majeures pour les commerces spécialisés.
  • Déséquilibre du marché au profit des grandes entreprises.
  • Avenir incertain pour les exploitants agricoles engagés dans la filière.

L’avenir du marché français en question

Notons toutefois que le CBD à fumer ou vapoter demeure autorisé. Pour autant, la situation reste floue. Les acteurs du secteur affirment étudier différents recours face à une « interprétation trop restrictive de la réglementation européenne ».

Du côté du gouvernement, un communiqué officiel est attendu dans les prochains jours tandis que l’incertitude plane sur l’avenir d’un secteur aussi jeune que prometteur.

Jérôme Nelra

Spécialiste Société

X Tous ses articles →
Une erreur dans cet article ?

Nous apportons le plus grand soin à chaque article et nous appuyons sur des sources fiables. Personne n'est à l'abri d'une erreur : si vous en repérez une, signalez-la, nous la corrigerons au plus vite.

Sujets
CBD

Lisez 24matins en priorité sur Google

Ajoutez-nous à vos sources préférées : nos articles remonteront plus haut dans votre actualité.

Ajouter à mes sources

À découvrir

La suite, sélectionnée pour vous.