En bref
- Honda mise sur les batteries solides pour relancer son offensive électrique avec QuantumScape.
- Cette technologie promet plus d’autonomie, une recharge plus rapide et une meilleure sécurité.
- La course est lancée entre les constructeurs, mais la production à grande échelle reste un défi.
Le timing n’a rien d’anodin. Après avoir stoppé en Amérique du Nord le lancement de trois modèles électriques, les Honda 0 SUV, Honda 0 Saloon et Acura RSX, Honda renforce son pari sur une autre piste, la batterie solide. Le constructeur japonais, qui a enregistré sa première perte annuelle depuis près de 75 ans, a officialisé en juin 2026 un partenariat avec l’américain QuantumScape.
Pourquoi Honda change clairement de braquet ?
L’accord porte sur la recherche, le développement et les techniques de fabrication liées aux batteries solides. Pour Honda, l’enjeu dépasse le simple prochain modèle électrique. Le groupe vise la neutralité carbone en 2050 et espère faire passer les véhicules électriques à 100% de ses ventes d’ici 2040.
Son virage vers cette techno ne date pas d’hier. En 2024, Honda avait déjà annoncé la production de prototypes dans son site de Sakura City, au Japon. Cette nouvelle alliance peut donc servir d’accélérateur pour tenir son objectif d’un véhicule électrique à batterie solide avant la fin de la décennie.
Ce que la batterie solide promet vraiment
Sur le papier, la différence est simple. Les batteries lithium-ion classiques utilisent un électrolyte liquide entre cathode et anode. Une batterie solide remplace ce liquide par un matériau solide, ce qui ouvre la porte à des architectures plus denses en énergie, notamment avec du lithium métal.
Pour vous, ça change quoi? D’abord l’autonomie. QuantumScape avance qu’un véhicule donné pour 350 miles pourrait grimper entre 400 et 500 miles avec ses cellules. Ensuite la recharge. Honda estime qu’une telle batterie pourrait atteindre 80 à 90% de charge en quelques minutes.
Et il y a le sujet sécurité. Pas de fuite d’électrolyte, moins de risques d’inflammabilité, une meilleure tenue aux températures extrêmes. En prime, cette évolution pourrait réduire la dépendance au graphite et donc à certains fournisseurs chinois.
Le plan Honda-QuantumScape derrière les annonces
Honda dit avoir vu dans la plateforme de QuantumScape des avantages jugés convaincants et assez uniques lors d’une étude technique. Le directeur opérationnel du centre d’excellence R&D de Honda, Atsushi Ogawa, a même expliqué que cette technologie avait montré « des avantages convaincants et uniques » et qu’elle pouvait « apporter de la valeur dans une gamme d’applications ».
Le projet doit aussi s’appuyer sur le site Eagle Line, récemment ouvert par QuantumScape, pour produire ses cellules solides lithium-métal QSE-5, dites sans anode. Elles ont déjà été montrées dans un prototype de moto Ducati V21L. Au-delà de l’auto, QuantumScape vise aussi les centres de données, les drones et la robotique.
Une course mondiale déjà bien lancée
Honda n’avance pas seul. Les batteries semi-solides arrivent déjà, avec CALB en production de masse, pendant que Stellantis et Mercedes-Benz testent avec Factorial. Côté 100% solide, BYD, CATL, Dongfeng Motors, Nissan, Toyota, BMW, Volkswagen et Karma Automotive ont tous avancé leurs pions.
Le vrai mur, lui, n’a pas bougé, le coût et le passage à grande échelle. Aucun constructeur n’a encore lancé de véhicule grand public entièrement équipé d’une batterie solide. Mais vu le niveau d’investissement et la densité de la concurrence, le dossier n’est plus un simple pari de labo.