Obsession casse deux records et secoue le box-office horrifique

Sorti en mai, Obsession grimpe au sommet du cinéma d’horreur avec deux records déjà tombés. Et un troisième pourrait suivre très vite.

Obsession
Image d'illustration. Obsession — Universal Pictures / PR-ADN

En bref

  • Obsession s’impose comme l’un des plus gros films d’horreur de tous les temps et pourrait devenir le plus grand succès original de la décennie.
  • Son mélange d’horreur psychologique et de critique de la culture du « nice guy » séduit autant les critiques que le public.
  • Le triomphe du film montre que les spectateurs sont toujours prêts à soutenir des œuvres originales face aux grandes franchises.

Le vrai signal, il est peut-être là. Avec Obsession, le public porte un film original très loin au box-office, à contre-courant des grosses machines signées Marvel, DC et des franchises installées. Et quand on voit les chiffres, ce n’est plus une petite surprise de genre, c’est un sacré rappel à l’ordre.

Un carton qui dépasse le simple film d’horreur

Sorti en mai 2026, Obsession est devenu le 5ème plus gros succès horrifique de tous les temps. Le film a aussi déjà décroché deux records, celui du plus gros film d’horreur de la décennie et celui du plus gros succès pour un long métrage produit avec un budget inférieur à un million de dollars.

Et ce n’est peut-être pas fini. Si Obsession franchit le cap des 500 millions de dollars, un seuil qui semble désormais atteignable, il deviendrait aussi le plus gros film original de la décennie.

Pourquoi le film marque autant ?

L’histoire suit Bear, joué par Michael Johnston, un jeune homme persuadé qu’il ne parvient pas à séduire Nikki, incarnée par Inde Navarrette. Il finit par briser un objet appelé le One Wish Willow et obtient exactement ce qu’il croit vouloir.

Sauf que le film bascule vite dans quelque chose de beaucoup plus noir. Nikki se retrouve enfermée dans son propre esprit pendant que Bear se convainc qu’elle est amoureuse de lui. Le cœur du film, c’est autant l’horreur psychologique que son regard sur la culture du « nice guy » et sur les questions d’autonomie. Pas mal de films d’horreur ont déjà travaillé ce terrain, mais celui-ci le fait avec une frontalité qui visiblement touche juste.

Critiques et spectateurs sur la même longueur d’onde

Autre détail rare, Obsession affiche le même score chez les critiques et chez le public sur Rotten Tomatoes, avec 94% des deux côtés. Ce genre d’alignement, clairement, aide beaucoup quand le bouche-à-oreille prend.

Le critique Jeff Beck parle même d’« une bouffée d’air frais choquante et captivante pour un genre qui a eu du mal à offrir récemment quelque chose de vraiment unique et mémorable au public ». Côté spectateurs, plusieurs réactions vont dans le même sens, en soulignant qu’une performance maîtrisée sur un budget de 750.000 dollars peut battre une suite de super-héros gonflée à environ 200 millions de dollars, et que le film préfère la tension émotionnelle aux jump scares.

Le signal envoyé aux studios

Le succès de Obsession raconte donc autre chose qu’une simple perf de box-office. Il suggère que les spectateurs veulent encore, et peut-être surtout, des récits originaux plutôt qu’une nouvelle variation de formules déjà vues.

Pour les studios, le message est assez net. Quand un film minuscule arrive à ce niveau-là, difficile de continuer à faire comme si seules les marques connues pouvaient gagner.

Jordan Servan

Spécialiste Divertissement

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