Le thriller oublié de Michael Crichton face au carton Jurassic Park

La même année que Jurassic Park, Michael Crichton signait aussi Rising Sun. Un gros succès au box-office, mais un film aujourd’hui très daté.

Rising Sun
Image d'illustration. Rising Sun — 20th Century Fox / PR-ADN

En bref

  • Rising Sun sort la même année que Jurassic Park.
  • Le film rapporte environ 99 millions d’euros.
  • Son regard sur le Japon a mal vieilli.

En 1993, Michael Crichton ne se résume pas à Jurassic Park. La même année, l’auteur voit aussi arriver en salles Rising Sun, un thriller aujourd’hui bien moins cité, alors qu’il a pourtant très bien marché.

Un autre carton en 1993, loin des dinos

Adapté du roman publié par Michael Crichton en 1992, Rising Sun est réalisé par Philip Kaufman. Au casting, on retrouve Sean Connery, Wesley Snipes, Harvey Keitel, Steve Buscemi, Tia Carrere et Cary-Hiroyuki Tagawa. Pas exactement un petit film planqué dans un coin.

Le long-métrage a coûté 40 millions de dollars et en a rapporté plus de 107 millions de dollars au box-office. Un vrai hit, même s’il a toujours vécu dans l’ombre énorme de Jurassic Park. Forcément, face aux dinos de Steven Spielberg, pas simple d’exister.

Une enquête techno-noir dans Los Angeles

Le point de départ, lui, coche toutes les cases du thriller des années 1990. Une travailleuse du sexe est retrouvée morte dans l’immeuble flambant neuf d’un consortium japonais à Los Angeles. L’enquête passe alors entre les mains des personnages joués par Wesley Snipes et Sean Connery, engagés pour leur connaissance des affaires japonaises.

Autour d’eux, Harvey Keitel incarne un policier de Los Angeles, Tia Carrere une spécialiste informatique, et une partie du scénario tourne autour d’images vidéo du meurtre, modifiées pour masquer le visage du tueur. Cary-Hiroyuki Tagawa, lui, joue un proche de la victime qui devient vite un suspect évident. Peut-être un peu trop évident.

Le vrai problème, c’est le regard du film

Ce qui frappe aujourd’hui, ce n’est pas seulement l’intrigue. C’est la façon dont Rising Sun montre le Japon et les personnages japonais. Le roman avait déjà été accusé de racisme à sa sortie, et le film n’a rien arrangé.

Sean Connery y joue une sorte d’expert qui livre plusieurs tirades sur la manière dont fonctionnerait l’esprit japonais. Les personnages japonais restent souvent cantonnés à des rôles secondaires, et leur culture est clairement exotisée. Le film n’est pas frontalement haineux, mais il est très daté, avec des présupposés qui passent mal aujourd’hui.

Succès commercial, accueil critique beaucoup plus froid

Le paradoxe est là. Succès en salles, oui. Mais côté critiques, l’accueil a été bien plus tiède. Le film a notamment été jugé confus, parfois trop léger dans son ton, presque désinvolte, alors qu’il veut jouer le néo-noir tendu.

Roger Ebert lui avait donné deux étoiles sur quatre. Il estimait que le personnage de Sean Connery était trop brillant pour son propre bien et écrivait que le film s’inclinait parfois vers son sujet affiché, la rivalité économique entre les États-Unis et le Japon, sans jamais vraiment le traiter. C’est sans doute ce qui reste de Rising Sun aujourd’hui, moins un grand thriller qu’une capsule très révélatrice des angoisses américaines du début des années 1990.

Jordan Servan

Spécialiste Divertissement

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