Holy : le nouveau partenaire incontournable des Youtubeurs français ?

Image d'illustration. YouTubeGoogle / PR-ADN
Depuis plusieurs mois, les vidéos de nombreux créateurs français sur YouTube s’ouvrent sur la promotion de Holy, une marque de boissons en poudre. Cette omniprésence soulève des questions sur les stratégies publicitaires qui séduisent autant d’influenceurs.
Tl;dr
- Holy s’appuie quasi exclusivement sur les influenceurs.
- Stratégie basée sur des codes promos et datas précises.
- La marque amorce son entrée dans le monde réel.
Holy, la boisson énergisante qui bouscule les codes marketing
À l’occasion de ses cinq ans et du lancement d’une nouvelle gamme de sirop, la marque allemande Holy a réuni mi-avril à Berlin une foule peu commune : ni business angels, ni leaders du secteur, mais bien des figures phares de YouTube. Cette absence remarquée d’investisseurs ou de représentants institutionnels en dit long sur la stratégie adoptée depuis les débuts par ce challenger du marché des boissons énergétiques.
L’influenceur au cœur d’un modèle disruptif
Face à un marché verrouillé par des géants comme Redbull ou Monster, la jeune pousse n’a eu d’autre choix que de s’appuyer massivement sur l’écosystème des créateurs de contenu. Impossible aujourd’hui d’échapper aux placements produits signés « Mais avant de continuer sur le sujet, cette vidéo est sponsorisée par Holy. Holy, cette marque… », qu’il s’agisse de Mcfly et Carlito, TheGreatReview, ou encore des dizaines d’autres noms familiers. Avec près de 2 500 créateurs partenaires rien qu’en France et environ 500 millions de vues mensuelles cumulées, Holy a trouvé sa voie sans jamais passer par la publicité télévisée ou l’implantation en grandes surfaces.
Codes promos, data et performance au cœur du dispositif
Pourquoi ce choix ? Parce que le recours aux influenceurs présente deux avantages décisifs, selon Stéphanie Laporte, experte indépendante en marketing digital : « Le public fait plus confiance à la recommandation d’un humain qu’à une affiche publicitaire classique. » S’ajoute à cela la possibilité de mesurer précisément l’efficacité : chaque partenariat repose sur un savant mélange d’honoraires fixes et de rémunérations à la performance, grâce notamment aux fameux codes promos propres à chaque vidéaste. Ce fonctionnement permet non seulement d’optimiser les coûts, mais aussi d’ajuster la stratégie en temps réel.
Pour être plus clair, voici comment Holy structure sa collaboration :
- Pactes longue durée avec des créateurs investis.
- Systèmes hybrides associant rémunération fixe et variable selon résultats.
- Mise en place systématique de codes traçables pour suivre les ventes.
Cette politique a permis à l’entreprise d’afficher un chiffre d’affaires record — 170 millions d’euros prévus en 2025 — et une rentabilité durable dans sept pays européens.
L’après-influence : vers un ancrage physique progressif ?
Toutefois, même chez Holy, le débat reste ouvert sur la limite du « tout-influence ». Si Alexandre Billaud, Country Manager France, insiste sur « la qualité des relations avec les communautés plutôt que le volume brut des audiences », certains spécialistes interrogent déjà la pérennité d’un modèle reposant uniquement sur ce levier. Sandrine Doppler, consultante en marketing alimentaire, nuance : « A un moment, il faut rentrer dans le réel pour s’imposer durablement ». La marque commence ainsi prudemment à tester sa présence dans quelques points de vente physiques en Allemagne. En France aussi, elle multiplie désormais les rendez-vous événementiels (Japan Expo, festivals…) pour rencontrer son public hors ligne.
Si le bouche-à-oreille digital demeure au cœur du succès de Holy, l’avenir semble devoir passer par une alliance entre influence numérique et visibilité plus tangible.