Grippe : le vaccin ARNm de Moderna se rapproche du feu vert cet été

Un comité lié à la FDA a soutenu le vaccin antigrippal à ARNm de Moderna pour les plus de 50 ans. La décision finale est attendue début août.

Une image d'un flacon de vaccin soigneusement disposé à côté d'une seringue sur une table médicale.
Image d'illustration. Flacon de vaccin et seringue sur table médicale — ADN
  • Le vaccin ARNm de Moderna avance.
  • Avis favorable pour les plus de 50 ans.
  • Décision finale attendue début août.

Le dossier dépasse le simple lancement d’un nouveau vaccin. Chaque année, la grippe tue des dizaines de milliers d’Américains, et les personnes âgées restent les plus exposées. Dans ce contexte, l’arrivée possible d’un vaccin à ARNm contre la grippe intéresse autant pour sa protection que pour sa vitesse de fabrication.

Pourquoi cette technologie attire autant l’attention

L’idée, ici, tient en peu de mots. Un vaccin à ARNm peut être produit plus vite que d’autres types de vaccins. Pour la grippe, ce n’est pas un détail : le virus change, parfois tardivement, et le vaccin préparé plusieurs mois à l’avance peut moins bien coller aux souches qui circulent réellement.

Une conseillère de la FDA, la docteure Flor Munoz-Rivas de l’hôpital pour enfants du Texas, a estimé que disposer de cette technologie améliorait la préparation face à de futures souches émergentes. Chez Moderna, la docteure Rituparna Das a défendu la même logique, en expliquant qu’une fabrication rapide de doses mieux alignées sur les dernières souches pourrait éviter des milliers d’hospitalisations chez les seniors.

Un avis favorable, mais pas encore le dernier mot

Jeudi, le comité consultatif indépendant de la FDA a voté à l’unanimité. Pour ses membres, les bénéfices du vaccin antigrippal mFlusiva semblent supérieurs aux risques, aussi bien pour les 50-64 ans que pour les 65 ans et plus.

Moderna demande une approbation complète pour les 50 à 64 ans. Pour les 65 ans et plus, le groupe cherche une autorisation tout en poursuivant des tests supplémentaires. La FDA doit maintenant trancher, avec une décision attendue d’ici au début du mois d’août, donc avant la prochaine saison grippale.

Ce que montrent les essais cliniques

Les données présentées reposent d’abord sur une étude menée chez 40 000 personnes âgées d’au moins 50 ans. Le vaccin de Moderna a réduit d’environ 27% les cas de grippe par rapport à une autre marque utilisée couramment.

Chez les 65 ans et plus, une étude plus petite a aussi montré une forte réponse immunitaire face à un vaccin antigrippal à forte dose déjà recommandé pour cette tranche d’âge. La docteure Anna Durbin, de l’université Johns Hopkins et conseillère de la FDA, a jugé ces résultats immunitaires très convaincants et a dit, en français, « le vaccin semble très prometteur ».

Les limites connues et la suite du dossier

Les données de Moderna n’ont pas fait apparaître de problème majeur de sécurité. Le vaccin a en revanche provoqué des réactions temporaires, comme une douleur au point d’injection, de la fièvre, des maux de tête, de la fatigue ou des courbatures. La FDA précise que ce type de réactions est classique avec les vaccins à ARNm et un peu plus fréquent qu’avec les vaccins antigrippaux actuels.

Le docteur Timothy Brennan, évaluateur de vaccins à la FDA, a laissé entendre que l’agence était ouverte à une approbation avant la saison à venir, malgré le besoin de données supplémentaires chez les seniors fragiles ou immunodéprimés. Si le feu vert arrive, Moderna prévoit une grande étude sur 400 000 personnes de 65 ans et plus, sur deux saisons grippales. L’entreprise étudie aussi le vaccin chez des adultes plus jeunes et prévoit un essai distinct chez les 9-17 ans à l’automne.