Google face à la pénurie de calcul : le recours géant à SpaceX

Image d'illustration. GoogleADN
Google va payer environ 846 millions d’euros par mois à SpaceX jusqu’en 2029 pour soutenir la demande autour de Gemini Enterprise.
En bref
- Google signe un accord temporaire avec SpaceX pour répondre à la forte hausse de demande en puissance de calcul liée à Gemini Enterprise, en attendant de renforcer ses propres infrastructures.
- Le contrat est massif (environ 28 milliards d’euros) et donne à Google accès à 110.000 GPU Nvidia, avec des conditions strictes et une clause de sortie en cas de non-livraison.
- Cet accord s’inscrit dans une tendance plus large où SpaceX fournit aussi de la puissance de calcul à d’autres acteurs de l’IA comme Anthropic, illustrant la tension extrême sur les ressources de calcul.
Ce deal dit surtout une chose, la course à l’IA va plus vite que les chantiers de Google. Le groupe, qui possède déjà son propre réseau mondial de data centers, a signé un accord temporaire avec SpaceX pour obtenir de la capacité supplémentaire et soutenir la montée de Gemini Enterprise, son offre d’IA destinée aux grandes entreprises.
Un partenariat révélateur des limites de capacité actuelles
D’après un porte-parole de Google Cloud, cet accord doit servir de solution de transition. L’idée, c’est d’ajouter rapidement de la puissance de calcul pour répondre à une demande jugée en forte hausse autour de Gemini Enterprise. En gros, Google ne remplace pas ses infrastructures, il bouche un trou immédiat.
Le point qui frappe, c’est le timing. Si un acteur de cette taille va louer ailleurs, c’est que la pression sur les ressources est déjà bien réelle.
Un contrat géant, avec date limite et clause de sortie
Le contrat représente environ 28 milliards d’euros (30 milliards de dollars) au total. À partir d’octobre et jusqu’à juin 2029, SpaceX doit recevoir environ 846 millions d’euros par mois (920 millions de dollars) de la part de Google.
En échange, Google obtiendra l’accès à 110.000 GPU de Nvidia, mais aussi à des CPU et à de la mémoire. C’est le cœur du deal, du calcul brut, celui qu’il faut pour entraîner et faire tourner des modèles à grande échelle.
Il y a aussi une vraie pression contractuelle. Si SpaceX ne livre pas l’accès à ces 110000 GPU d’ici septembre, Google pourra rompre l’accord immédiatement, ou accepter un nombre inférieur de GPU avec un tarif réduit après un mois de délai. Pas de place pour l’à-peu-près.
SpaceX ne vend pas qu’à Google
Cet accord n’est pas un cas isolé. SpaceX, entreprise liée à l’activité xAI d’Elon Musk, fournit déjà de la puissance de calcul à Anthropic. Ce contrat donne accès au centre de données Colossus 1.
Selon les documents transmis pour son introduction en Bourse, Anthropic doit verser environ 1,15 milliard d’euros par mois (1,25 milliard de dollars) jusqu’en mai 2029. Autrement dit, SpaceX ne se contente pas de lancer des fusées, il monétise aussi très lourdement ses infrastructures IA.
Anthropic doit entrer en Bourse le 12 juin 2026. Et les documents cités indiquent qu’elle pourrait lever assez d’argent pour signer la plus grosse IPO de l’histoire. Là, on parle d’un marché qui n’a clairement plus envie d’attendre.