En bref
- Le gel peut tuer la première fleur
- Ravageurs et maladies bloquent souvent les fruits
- Âge, azote et stolons comptent aussi
Voir des fraisiers en fleurs puis récolter très peu n’a rien d’exceptionnel. Le plus souvent, le blocage vient de causes simples, du gel tardif à un excès d’azote, en passant par des ravageurs ou des plants trop âgés.
Le blocage vient parfois de la météo ou des insectes pollinisateurs
Un coup de froid suffit à ruiner une partie de la récolte. La première fleur ouverte, souvent appelée king berry, donne en général la plus grosse fraise de la saison, mais c’est aussi la plus exposée. Si le centre de la fleur noircit ou brunit après une nuit froide, le fruit ne viendra pas.
Autre point, la pollinisation. Les fraisiers peuvent s’autopolliniser, mais cela ne suffit pas toujours à obtenir de beaux fruits. Sans assez d’abeilles et d’autres pollinisateurs, beaucoup d’ovules ne sont pas fécondés, et les fraises restent petites, déformées ou bosselées.
Et il y a la variété. Les types remontants et day-neutral peuvent marquer une pause en juillet quand la chaleur grimpe. Leur production repart ensuite quand les températures baissent.
Des ravageurs et maladies peuvent stopper la récolte avant même la nouaison
Certains dégâts passent sous le radar. Les acariens du cyclamen, microscopiques, se cachent dans les jeunes feuilles et sous les boutons floraux. Résultat, les fleurs se fanent avant de former un fruit, et ceux qui survivent sortent souvent rabougris.
Le charançon du fraisier, aussi appelé clipper, coupe les boutons avant l’ouverture. Le bourgeon sèche alors et pend au bout de sa tige. L’impact peut être massif sur le rendement.
Plus grave, les cicadelles peuvent transmettre la maladie dite du pétale vert. La fleur reste verte ou se transforme en tissu foliaire. Le plant infecté doit être arraché, sans conserver ses stolons. Par temps chaud et humide, l’anthracnose peut aussi brunir les fleurs ou laisser de petits fruits durs, difformes et immangeables.
Le sol et la fertilisation pèsent directement sur la formation des fraises
On pense vite à l’azote, au phosphore et au potassium. Mais un manque de bore, surtout en sol sableux, peut aussi réduire fortement la récolte. Les fleurs restent petites, les pétales se développent mal et les fruits formés gonflent peu. Mieux vaut tester le sol, car l’écart entre carence et excès est étroit.
À l’inverse, trop d’azote pousse surtout les feuilles et les stolons. Le fraisier paraît vigoureux, très vert, mais fleurit moins et fructifie encore moins. Même un engrais de pelouse voisin peut, avec le ruissellement, déséquilibrer la plate-bande.
L’âge du plant et l’entretien du fraisier font aussi la différence
Un fraisier de jardin, Fragaria × ananassa, reste surtout productif pendant trois à quatre ans. Après, le rendement baisse avec l’encombrement, l’usure du sol et la pression des maladies. Une rénovation après récolte peut alors s’imposer, en supprimant les vieux plants et en nettoyant le paillage usé, les feuilles et les fruits tombés.
Mais il faut aussi regarder la conduite des plants. Laisser fructifier un fraisier la première année freine son installation durable. Et des stolons laissés sans contrôle pompent l’énergie de la plante mère, au détriment des hampes florales. Bref, beaucoup de fleurs, pas mal de causes possibles, et souvent aucune n’a rien de mystérieux.