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Force de préhension, ce que cet indicateur révèle sur la santé

Santé > Vieillissement > Santé > Séniors
Par Morgan Fromentin,  publié le 13 juin 2026 à 9h00.
Santé
Séniors japonais faisant du Tai Chi dans un cadre naturel

Image d'illustration. Personnes âgées japonaises pratiquant le tai chiADN

La force de la main est bien liée au risque de décès, surtout chez les seniors. Mais elle renseigne sur l’état général, pas sur un remède.

En bref

  • La poigne reflète l’état général du corps
  • Le lien est plus fort chez les seniors
  • La muscler seule ne prolonge pas la vie

On aime les indicateurs simples. Un chiffre, un test rapide et l’impression de savoir où l’on en est. La force de préhension, c’est exactement ça. Sauf que l’idée a glissé un peu vite vers une conclusion trompeuse, améliorer sa poigne ne suffit pas à vivre plus longtemps.

Un signal sérieux, mais pas une recette

Les travaux scientifiques cités vont dans le même sens, la force avec laquelle on serre un objet donne une bonne idée de la santé globale. Elle reflète la robustesse du corps, depuis les muscles et les nerfs jusqu’au cœur, aux vaisseaux et à la manière dont l’organisme utilise son énergie.

Mais le point important est là. La force de la main n’est pas la cause directe d’une meilleure santé. C’est un marqueur, pas un bouton magique sur lequel appuyer.

Pourquoi cet outil intéresse autant les chercheurs

Dans les études, les participants serrent généralement un dynamomètre, un appareil portatif conçu pour mesurer cette force. Les chercheurs suivent ensuite leur état de santé dans le temps, en regardant l’apparition de maladies et l’âge au décès.

Une vaste étude menée au Royaume-Uni sur environ 500000 personnes âgées de 40 à 69 ans a montré qu’une baisse de 5 kilos de force de préhension était associée à un risque de décès supérieur d’environ 20 % pendant le suivi, qui pouvait aller jusqu’à dix ans.

Les auteurs relevaient aussi qu’une faiblesse musculaire, définie par une force inférieure à 26 kg chez les hommes et 16 kg chez les femmes, était liée à un risque plus élevé de décès, mais aussi de décès liés aux maladies cardiovasculaires, aux pathologies respiratoires, à la BPCO et à plusieurs cancers.

Chez les plus âgés, un marqueur encore plus parlant

Le lien existe à tous les âges, mais il devient nettement plus fort chez les personnes âgées. Chez elles, la force de préhension prédit mieux les décès, les chutes, les fractures, les infarctus ou les AVC.

Pourquoi ? Parce qu’elle semble très bien capter la perte de masse musculaire liée à l’âge, la sarcopénie, ainsi que la baisse de puissance et de résistance du corps. Certains chercheurs vont jusqu’à proposer d’en faire un nouveau signe vital, au même titre que la température, le pouls, la respiration ou la tension artérielle.

Chez les plus jeunes, les différences de santé sont souvent plus faibles. Du coup, les écarts mesurés se noient davantage dans les variations ordinaires et les marges d’erreur.

Comment la nuance scientifique se transforme en promesse simpliste

C’est là que le discours dérape parfois, sur les réseaux sociaux comme dans certains médias. Le fait qu’un indicateur soit associé à la longévité ne veut pas dire qu’en le faisant grimper, on agit automatiquement sur cette longévité. Confondre corrélation et causalité, c’est toute l’erreur.

La source le rappelle clairement, travailler sa poigne de manière isolée n’améliore pas à lui seul la santé ni l’espérance de vie. Ce qui compte reste beaucoup plus large, rester actif, bien dormir, garder des liens sociaux, gérer son stress et avoir une alimentation équilibrée.

La force de préhension peut aider à lire l’état du corps, surtout avec l’âge. Ce qu’elle raconte est utile. Ce qu’on lui fait parfois dire, beaucoup moins.

Le Récap
  • En bref
  • Un signal sérieux, mais pas une recette
  • Pourquoi cet outil intéresse autant les chercheurs
  • Chez les plus âgés, un marqueur encore plus parlant
  • Comment la nuance scientifique se transforme en promesse simpliste
En savoir plus
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