En bref
- Le gouvernement vise la Sécu
- L’épargne salariale fait partie des pistes
- Les retraites restent aussi concernées
Le gouvernement cherche de nouvelles marges pour boucler le budget 2027 de la Sécurité sociale, dans un contexte politique tendu à quelques mois de la présidentielle. Parmi les options étudiées, une possible ponction sur l’épargne salariale, confirmée lundi 7 septembre 2026 par Roland Lescure.
Un budget 2027 sous forte pression
À Paris, l’exécutif prépare un texte qui s’annonce difficile à faire adopter au Parlement. Le sujet dépasse la seule Sécurité sociale : il touche à l’équilibre général des comptes publics, avec une opposition qui menace déjà de censurer le budget.
Roland Lescure, ministre de l’Économie et des Finances, a reconnu sur RTL que cette hypothèse faisait bien partie des scénarios examinés. Il a parlé d’une piste parmi d’autres, sans annoncer d’arbitrage final.
L’épargne salariale entre dans le viseur
Concrètement, ce sont certains mécanismes de l’épargne salariale qui pourraient être davantage mis à contribution. Sont évoqués une partie des primes d’intéressement, de participation, mais aussi les abondements versés par les employeurs dans les plans d’épargne.
Le point important, c’est que le gouvernement ne parle pas encore d’une mesure arrêtée. Il travaille sur plusieurs leviers pour financer la Sécurité sociale en 2027, et celui-ci figure désormais dans le débat public.
Des économies promises, sans nouvel impôt affiché
En parallèle, Roland Lescure insiste sur un autre axe, la réduction des dépenses. Selon lui, les efforts devront passer par le fonctionnement de l’État, des collectivités locales, des administrations de sécurité sociale et, plus largement, de la sphère publique.
Le ministre s’inscrit aussi dans la ligne fixée par le Premier ministre, qui ne veut pas afficher de nouvel impôt ni de hausse d’impôts supplémentaire. C’est là que la piste de prélèvements sur certains dispositifs existants prend une place sensible, politiquement comme socialement.
Retraites et risque de blocage, l’autre front sensible
Autre dossier cité par Roland Lescure, celui des retraites. Il juge que deux idées ont du sens : augmenter moins vite les pensions les plus élevées que l’inflation, et supprimer l’abattement fiscal de 10 %.
Il a aussi défendu cette réflexion en rappelant que, en moyenne, les retraites sont aujourd’hui plus élevées que les rémunérations du travail en France. Son analyse est claire : le modèle social protège, mais il coûte cher.
Mais le ministre a surtout lancé un avertissement politique. Il a estimé que si rien n’était fait, la France irait « dans le mur ». Et il a appelé les oppositions à la responsabilité, en rappelant qu’un futur président pourrait hériter du budget voté puis le corriger. En cas d’absence de budget, a-t-il prévenu, les taux d’intérêt pourraient grimper fortement, y compris pour les particuliers.