Dormir avec la lumière allumée : une habitude risquée pour la santé cardiovasculaire, selon une étude

Image d'illustration. Un bon sommeil. ADN
Dormir avec la lumière allumée pourrait avoir des conséquences néfastes pour la santé cardiovasculaire, selon une nouvelle étude. Les chercheurs mettent en garde contre ce facteur souvent négligé qui perturberait le bon fonctionnement du cœur pendant le sommeil.
Tl;dr
- Lumière artificielle nocturne liée à la santé cardiaque.
- Risque accru d’inflammation et de maladies cardiovasculaires.
- Réduire l’exposition lumineuse : bénéfice pour le cœur.
L’obscurité, un allié oublié pour le cœur
La vie moderne a bouleversé notre rapport à la nuit. Autrefois synonyme de repos et de régénération, elle est désormais cernée par une multitude de sources lumineuses : écrans lumineux jusque tard, lampes de chevet rassurantes, lueurs urbaines traversant les rideaux… Cette omniprésence de la lumière paraît anodine. Pourtant, selon une étude présentée lors des Sessions Scientifiques 2025 de l’American Heart Association, ce phénomène pourrait avoir un coût caché pour notre santé cardiaque.
Lumière nocturne et risques cardiovasculaires
Des chercheurs issus de la Harvard Medical School et du Massachusetts General Hospital ont suivi 466 adultes, confrontant leurs examens médicaux à l’intensité lumineuse nocturne mesurée dans leur quartier via satellite. Les résultats interpellent : les personnes exposées à davantage de lumière durant la nuit affichaient un risque supérieur de 35 % de développer une maladie cardiovasculaire dans les cinq ans. Pire encore, le taux atteignait +22 % sur dix ans. Au total, 17 % du groupe a présenté un événement cardiaque majeur au cours du suivi.
Le docteur Shady Abohashem, principal auteur, souligne que ce risque s’aggrave chez ceux vivant dans des environnements déjà fragilisés – quartiers bruyants, précaires ou soumis à d’autres pollutions. L’inflammation accrue des vaisseaux sanguins et une activité cérébrale plus stressée constituent les principales explications avancées.
L’urbanisation : quand la lumière trouble nos rythmes biologiques
Il faut dire que l’exposition chronique à la lumière artificielle, portée par la croissance urbaine et le numérique, devient un véritable sujet de santé publique. La notion même de « pollution lumineuse » ne se limite plus aux astronomes ou défenseurs de la biodiversité ; elle s’invite désormais dans nos chambres et impacte notre biologie profonde.
S’observer et agir au quotidien
Si le lien observé reste encore à préciser scientifiquement, certaines recommandations émergent déjà pour préserver notre rythme naturel et protéger notre cœur :
- Dormir dans une obscurité quasi totale (rideaux occultants, masque…)
- Éteindre les appareils électroniques au moins une demi-heure avant le coucher
- Privilégier des éclairages tamisés en soirée, limiter les LED blanches vives
Certains urbanistes réfléchissent même à des solutions d’« éclairage raisonné », conciliant sécurité et respect du rythme circadien. En Europe, quelques « villes étoilées » font figure d’exemple en offrant nuits sombres et bienfaits insoupçonnés aux visiteurs. Redécouvrir l’obscurité pourrait bien devenir le geste santé le plus simple — et peut-être le plus moderne — pour préserver son cœur.