Des millions de vidéos IA bientôt privées de revenus sur YouTube

YouTube maintient les vidéos créées avec l’IA, mais coupe la monétisation de certains formats jugés inauthentiques, répétitifs ou trompeurs.

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Image d'illustration. YouTube — Google / PR-ADN

En bref

  • YouTube n’interdit pas les vidéos créées avec l’IA, mais veut limiter les contenus jugés inauthentiques pour la monétisation.
  • La plateforme vise surtout les vidéos répétitives, le contenu généré en masse et certains usages risqués de personnages IA.
  • Face à l’explosion des contenus IA, YouTube renforce ses contrôles pour éviter la prolifération de vidéos de faible qualité.

L’IA peut rester sur YouTube. En revanche, pour être payé via le programme partenaire, il faudra éviter une catégorie de contenus que la plateforme veut désormais serrer de plus près.

Ce que YouTube change vraiment

Dans un entretien à Creator Insider, Matt Halprin, vice-président Trust et Safety de YouTube, explique que la plateforme reste neutre sur les outils utilisés par les créateurs. Son idée, traduite en français, tient en peu de mots, « agnostique » sur les moyens de production. Bref, utiliser l’IA n’est pas un problème en soi.

Le vrai changement concerne la formulation des règles du YouTube Partner Program. YouTube ne parle plus de contenu répétitif, mais de contenu inauthentique. Le message est simple, même avec de l’IA, la vidéo doit montrer un minimum d’effort créatif et de travail. Ce n’est donc pas une interdiction générale des vidéos génératives.

Les vidéos visées par la monétisation

Trois familles de contenus sont clairement dans le viseur. D’abord, les vidéos génériques et répétitives, surtout quand elles relèvent clairement du content farming.

Ensuite, YouTube cible les contenus jugés dérangeants ou anxiogènes, notamment ceux montrant des animaux en danger. La plateforme vise aussi les personas IA qui distribuent des conseils sur des sujets sérieux, comme la finance.

Point important, ces règles ne remplacent pas les règles générales de la plateforme. Les interdictions habituelles, comme la nudité ou les discours haineux, restent séparées. Ici, on parle bien des critères de monétisation pour les vidéos générées par IA.

Pourquoi le sujet prend autant de place ?

Le volume de contenus produits est devenu massif. L’an dernier, The Guardian indiquait qu’environ une chaîne sur dix parmi celles qui connaissaient la plus forte croissance sur YouTube était centrée sur l’IA.

En face, l’accueil du public est loin d’être enthousiaste. Un sondage relayé par Fortune montrait que seulement 26% des personnes interrogées avaient une opinion positive de l’IA. Et le mot slop, utilisé pour désigner ce flot de contenus bas de gamme, a même été sacré mot de l’année 2025 par Merriam-Webster. L’ambiance est posée.

Les indices pour repérer une vidéo générée par IA

YouTube a bien mis en place une détection automatique, mais tout ne sera pas filtré. Si une vidéo vous paraît douteuse, la durée peut être un premier indice. Plus elle est longue, plus l’IA a de chances de laisser passer une erreur visible. Du coup, beaucoup de créateurs misent sur des formats courts.

Autre signe, la qualité d’image. Une scène filmée de loin ou avec un rendu volontairement médiocre masque mieux les incohérences. À l’inverse, un hyperréalisme trop parfait peut aussi trahir l’IA, peau trop lisse, cheveux impeccables, visages très symétriques, parfois dans des contextes où ça sonne faux, comme une guerre ou une manifestation.

Et puis il y a les détails qui cassent tout, les ombres absurdes, les reflets ratés, des bijoux qui tombent bizarrement, des problèmes de perspective ou de physique. Parfois, c’est très visible. Parfois, beaucoup moins.

Jordan Servan

Spécialiste Tech

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