De nombreux parents se tournent vers les écrans pour divertir leurs enfants, souvent par manque d’alternatives

Image d'illustration. Gros plan des mains d enfant tenant un smartphoneADN
Face au manque de solutions pour occuper leurs enfants, de nombreux parents choisissent de les laisser utiliser des écrans. Cette pratique, largement répandue, s’impose souvent comme une alternative faute d’autres possibilités jugées satisfaisantes.
Tl;dr
- Majorité des parents utilisent les écrans faute d’alternatives.
- Règles numériques posées, mais usage fréquent en public.
- Débat politique sur l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs.
Des règles strictes face à l’omniprésence des écrans
À l’heure où la question de l’impact du numérique sur la santé des jeunes s’impose dans le débat public, un constat ressort nettement : pour nombre de parents, proposer un écran à leur enfant demeure une solution par défaut. Selon une récente étude menée par l’Ifop pour la Fondation pour l’enfance, près de 94 % des parents disent avoir fixé « au moins une règle » encadrant ces usages – qu’il s’agisse de la durée, des moments autorisés ou encore du type de contenus accessibles. Pourtant, force est de reconnaître que ces règles ne suffisent pas toujours à limiter le recours aux écrans.
L’écran, un recours fréquent en cas d’ennui ou d’attente
Il suffit parfois d’un trajet en transport ou d’une météo capricieuse pour voir cette option privilégiée. D’après cette même enquête, menée début décembre 2025 auprès de plus de 1 000 parents d’enfants âgés de 8 à 15 ans, 71 % proposent souvent ou occasionnellement un outil numérique pour occuper leur progéniture à la maison lorsque sortir n’est pas envisageable. Les chiffres sont tout aussi révélateurs dans les lieux publics ou situations d’attente (61 %), sous la pression de demandes insistantes (57 %) ou encore pour calmer un enfant et éviter les jugements extérieurs (49 %). Plus frappant encore : 55 % des enfants interrogés avouent se tourner vers les écrans simplement parce qu’ils s’ennuient.
L’absence d’alternatives soulignée par les experts
La « commission écrans », mandatée par le président Emmanuel Macron, avait déjà mis en lumière ce problème dans son rapport publié en 2024. Elle préconisait notamment l’aménagement systématique d’aires de jeux dans tous les espaces d’attente publics – gares, stations de métro, aéroports… Un moyen d’offrir aux familles une alternative concrète aux écrans, qui font souvent figure d’unique échappatoire.
Un contexte politique tendu autour des usages numériques
Le débat ne se limite pas au quotidien familial. À l’approche de la rentrée scolaire prochaine, le gouvernement souhaite aller plus loin en interdisant purement et simplement l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Cette mesure ambitieuse vise à protéger la santé mentale des plus jeunes contre les dangers reconnus du numérique : contenus inappropriés, risques de cyberharcèlement, troubles du sommeil…
Si la régulation fait consensus chez les parents comme chez les pouvoirs publics, c’est bien le manque d’alternatives qui demeure le principal point noir dans cette équation délicate entre technologie et éducation.