Condamné pour usage de cannabis, un père soignait l’épilepsie de son fils avec de l’huile

Image d'illustration. Huile dorée en gros plan entourée de feuilles vertesADN
Un père a été condamné pour avoir administré de l’huile de cannabis à son enfant souffrant d’épilepsie. Cette décision de justice soulève la question des traitements alternatifs face à une législation française très stricte sur les stupéfiants.
Tl;dr
- Un père jugé pour usage de cannabis en Polynésie.
- Dispense de peine malgré une condamnation.
- Soulagement d’un fils autiste et épileptique en jeu.
Le soulagement d’un enfant face à la justice
Parfois, la loi et les réalités familiales s’entrechoquent durement. C’est ce qu’illustre le cas d’Ariimatatini Vairaaroa, un père polynésien qui, pour apaiser les souffrances de son fils atteint d’autisme et d’épilepsie, lui administrait de l’huile de cannabis.
Reconnu coupable en récidive d’usage de stupéfiants par la cour d’appel de Papeete, il a cependant été dispensé de peine jeudi 15 mai 2025.
L’épreuve judiciaire : des motivations complexes
La décision contraste avec celle rendue en première instance, où le tribunal avait prononcé la relaxe au motif d’une « situation irrépressible », reconnaissant l’impasse dans laquelle se trouvait cette famille. Pourtant, le parquet général a choisi de faire appel, mettant l’affaire sous le feu des projecteurs judiciaires.
À l’audience du mois d’avril, l’avocat général n’a pas manqué de souligner que si le père produisait peut-être cette huile pour son fils, il pouvait aussi en faire un usage personnel – ce qui a conduit à requérir trois mois de prison avec sursis.
L’avocat partage ses réserves et son soulagement
À l’annonce du jugement, Me Thibaud Millet, conseil du père de famille, a fait part à la presse de sa perplexité : « C’est dur d’entendre dire qu’un père […] est coupable d’une infraction », réagissait-il auprès de l’AFP. Pour lui, poursuivre un parent dans une telle situation revient à occulter les carences du système médico-social. Il a toutefois reconnu que la cour avait su « se montrer sensible à la situation » en dispensant son client de toute peine.
Voici les principaux éléments qui ont pesé lors des débats :
- L’enfant subit jusqu’à trente crises par jour.
- Aucun traitement légal n’était disponible en France ou en Polynésie.
- L’interpellation et la saisie des plants ont privé le jeune garçon des soins apportés par cette huile.
Une question sociétale persistante
Au-delà du cas individuel, ce dossier relance le débat sur l’accès aux traitements alternatifs pour certains patients et interroge la rigidité des législations sur le cannabis médical.
Derrière chaque procès, c’est une réalité humaine qui s’exprime : celle des familles confrontées à un système parfois impuissant face à leur détresse.
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