Comment le RN entend réaliser 36 milliards d’euros d’économies dans son programme

Image d'illustration. Budget économieADN
Le Rassemblement national avance la promesse de réaliser 36 milliards d’euros d’économies pour financer ses mesures. Mais la formation de Marine Le Pen reste floue sur les sources précises de ces coupes budgétaires et leur faisabilité réelle.
Tl;dr
- Le RN propose 36 milliards d’euros d’économies en 2026.
- Baisse de la TVA, impôt sur la fortune financière envisagés.
- Mesures contre l’immigration et dépenses jugées « inefficaces ».
Un contre-budget ambitieux pour 2026
Dans le tumulte des débats parlementaires, le Rassemblement national (RN) a dévoilé ce jeudi son propre contre-budget pour l’année 2026. L’objectif affiché par sa présidente de groupe à l’Assemblée, Marine Le Pen, est limpide : « Remettre l’État à la bonne place, arrêter les dépenses inutiles, inefficaces, voire toxiques et surtout répondre aux préoccupations des Français ». Ce document se veut être une véritable ligne directrice qui guidera les élus RN lors des prochaines discussions budgétaires.
Des économies ciblées et un recentrage sur l’État
La formation d’extrême droite affirme pouvoir générer jusqu’à 36 milliards d’euros d’économies, reposant notamment sur la suppression de postes jugés non essentiels. Dans cette logique, elle pointe du doigt près de 32,4 milliards d’euros de « dépenses inefficaces ». Le détail des coupes laisse entrevoir plusieurs priorités :
- Diminution de la contribution française à l’Union européenne (8,7 milliards)
- Baisse des moyens accordés aux agences et opérateurs de l’État (7,7 milliards)
- Réduction de l’Aide publique au développement (7,7 milliards)
Par ailleurs, un volet important concerne l’immigration, avec près de 12 milliards d’euros économisés en conditionnant davantage les prestations sociales à cinq années complètes de travail pour les étrangers ou en réformant l’aide médicale dédiée.
Nouvelles recettes et choix fiscaux tranchés
Au-delà des économies, le RN propose aussi une refonte profonde du système fiscal. Parmi les mesures phares : une baisse substantielle de la TVA sur les énergies et même sa suppression totale pour une centaine de produits essentiels. Dans le même temps, le parti entend instaurer un nouvel impôt sur la fortune financière, taxer les superdividendes et renforcer la lutte contre la fraude fiscale – autant de pistes censées générer plus de 31 milliards d’euros de recettes supplémentaires. Côté dépenses, le dégel des prestations sociales ou le financement partiel d’une réforme des retraites spécifique au RN figurent également dans les propositions.
Tensions avec le projet gouvernemental
Alors que le gouvernement met sur la table un effort global estimé à une trentaine de milliards – réparti entre hausse des prélèvements (14 milliards) et réduction des dépenses (17 milliards) –, le RN marque sa différence tant dans ses choix que dans son chiffrage. Si le parti soutient par exemple la suspension provisoire de la réforme des retraites voulue par l’exécutif (« Nous sommes pour », rappelle Marine Le Pen), il exprime néanmoins ses réserves quant aux orientations globales du budget actuel. Un vote décisif s’annonce donc dès vendredi à l’Assemblée, où chaque camp tentera d’imposer sa vision du redressement budgétaire français.