En bref
- La pétition dépasse 500 000 signatures
- Un débat parlementaire devient possible
- La fermeture de CNews n’est pas automatique
Le cap des 500 000 signatures change une chose, pas plus. La pétition déposée sur le site de l’Assemblée nationale contre CNews peut désormais, en théorie, déboucher sur un débat dans l’hémicycle. Mais ce seuil ne menace pas directement la diffusion de la chaîne.
La demande vise à supprimer CNews du paysage audiovisuel français. Lancée en juin par un particulier, elle a longtemps progressé modestement, avant une forte accélération fin octobre. À ce moment-là, elle comptait encore moins de 100 000 signatures numériques.
Ce que le seuil des 500 000 signatures change vraiment
Selon le règlement de l’Assemblée nationale, une pétition dépassant ce niveau peut conduire à un rapport, puis à un débat. Il y a toutefois une étape préalable. Une commission doit d’abord décider soit de classer le dossier, soit de l’examiner.
Résultat, le débat n’a rien d’automatique. Et même s’il avait lieu, il marquerait surtout une séquence politique, pas une décision exécutoire contre la chaîne.
Pourquoi la chaîne est de nouveau dans la ligne de mire
CNews, propriété du groupe Canal+ dans le giron de Vincent Bolloré, est régulièrement accusée de relayer des opinions et des thèmes d’extrême droite. La chaîne rejette ces critiques et dit défendre la liberté d’expression. Interrogée, elle a fait savoir qu’elle ne commenterait pas cette pétition, qu’elle qualifie de politique.
La contestation a pris de l’ampleur après l’attentat raciste de Trappes, le 23 octobre. La justice soupçonne un Français de 39 ans, Kévin T., d’avoir visé délibérément des personnes perçues comme musulmanes, africaines ou nord-africaines. Une partie de la gauche, dont le maire de Trappes Ali Rabeh, a mis en cause plusieurs médias, en particulier CNews, pour la place accordée à des discours jugés stigmatisants envers les immigrés et les personnes issues de l’immigration.
Une fermeture hors de portée d’une simple pétition
C’est le point clé. Une pétition citoyenne ne peut pas, à elle seule, obtenir la fermeture d’une chaîne de télévision. Ce pouvoir relève notamment de l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel, dans un cadre défini par la loi.
L’Arcom avait d’ailleurs mis en demeure CNews en juin. Le régulateur évoquait un déséquilibre manifeste et durable dans l’expression des courants de pensée et d’opinion, notamment sur l’immigration et l’islam.
Une montée en tension autour des médias du groupe Bolloré
Ce cap des 500 000 signatures s’inscrit dans un climat déjà tendu. Ces derniers jours, les équipes de CNews ont fait face à l’hostilité de manifestants lors de mobilisations sociales et lycéennes.
Le 17 octobre, le siège parisien de CNews et d’Europe 1 a aussi été visé par une centaine de personnes au début d’une journée d’action nationale marquée par des violences. Les deux médias ont dénoncé des actes d’intimidation. La suite, elle, dépendra d’abord d’une commission parlementaire, pas d’un compteur de signatures.