En bref
- Une plante blanche sans chlorophylle
- Elle vit grâce à des champignons forestiers
- Sa culture domestique reste très difficile
Elle ne reste visible qu’une à deux semaines, alors que son apparence ne s’oublie pas. La plante fantôme, Monotropa uniflora, surgit entre le printemps et le début de l’automne dans les bois, avec ses tiges blanches et ses fleurs penchées. Pour le promeneur, c’est une vraie rareté.
Une apparition brève dans les sous-bois
On l’appelle aussi Indian pipe, un nom qui colle assez bien à sa silhouette. L’ensemble évoque un petit groupe de pipes dressées, avec des clochettes inclinées vers le bas. La plante ne dépasse pas 9 pouces, soit environ 23 centimètres, et tout chez elle est blanc, des tiges aux fleurs.
Ce caractère très visible ne la rend pas plus facile à observer. Elle sort du sol à une période assez large, du printemps au début de l’automne, mais ne reste au-dessus de la surface que pendant un laps de temps très court. Résultat ? Les randonneurs qui tombent dessus en forêt ont souvent l’impression d’avoir croisé une apparition botanique.
Une plante sans chlorophylle qui détourne les champignons
Le point le plus frappant, c’est son fonctionnement. Monotropa uniflora ne contient pas de chlorophylle et ne tire donc pas son énergie de la lumière comme la plupart des plantes. Elle dépend de champignons présents dans des zones boisées, surtout là où poussent des hêtres.
Ces champignons lui fournissent des sucres, que la plante capte à son profit. Le mécanisme a de quoi surprendre, parce que la fleur ne donne rien en retour. Une autre espèce du même groupe, Monotropa hypopitys, produit de son côté des fleurs rouges et plusieurs petites fleurs par tige, là où l’espèce blanche se distingue surtout par son allure uniforme et pâle.
Pourquoi la cultiver chez soi est si compliqué
Pour qui voudrait la voir pousser ailleurs qu’en forêt, la tâche s’annonce rude. Les meilleures chances se situent dans des zones boisées classées USDA Plant Hardiness Zones 4 à 11, mais même là, installer cette plante dans un jardin est présenté comme un défi proche de l’impossible.
Il faut un sol riche en matière organique, humide, acide, ombragé, avec beaucoup de litière de feuilles. Surtout, il faut les bons champignons. Les amateurs doivent donc acheter à la fois des graines de Monotropa uniflora et un inoculant mycorhizien.
Le protocole demande de préparer d’abord le sol avec cet apport fongique, notamment avec des champignons du grand genre Russula, puis de semer selon les consignes du fournisseur. Certains conseillent pourtant d’appliquer les mycorhizes au moment du semis. Il faut donc parfois tester.
Et il faut du temps, pas mal de temps. L’installation peut prendre des années. En attendant, le sol doit rester humide, sans excès d’eau, dégagé de la végétation et couvert d’un humus épais. Le plus simple à comprendre, finalement, c’est aussi le plus frustrant, on peut tout faire correctement et ne rien voir avant longtemps.