En bref
- Une vignette auto reparaît dans le débat
- Montant envisagé de 30 à 900 euros
- Rien n’est décidé à ce stade
Le sujet revient pour une raison très simple, l’État encaisse moins quand les voitures roulent sans essence ni gazole. Avec la montée des modèles électriques, les recettes de la TICPE, la taxe prélevée sur les carburants, baissent mécaniquement. D’après l’Institut Mobilités en transition, le manque à gagner pourrait atteindre 22 milliards d’euros d’ici 2035.
Pourquoi la fiscalité auto est de nouveau sur la table
Ce n’est pas un petit ajustement technique. Le rapport évoque une chute de la contribution du secteur routier dans les recettes totales de l’État, de 4,6 % à 3,4 %. Dit autrement, le passage à l’électrique change aussi le modèle de financement public. On parle ici d’un effet collatéral assez classique de la transition, moins visible que les bonus ou les bornes, mais bien réel.
Une vignette nouvelle version, loin de l’ancien autocollant
La vignette supprimée en 2000 ne reviendrait pas telle quelle. L’idée avancée pour 2030 prend la forme d’une redevance annuelle véhicule, sans rapport avec la petite pastille que certains ont encore en tête.
Et il y a un point important, cette mesure n’est pas un projet de loi. Elle figure parmi 37 pistes mises sur la table par l’Institut Mobilités en transition pour repenser la fiscalité routière. Bref, on est au stade du débat, pas de l’adoption.
Qui paierait le plus, et selon quels critères
Le cœur de la proposition, c’est la modulation. Le montant ne serait pas identique pour tout le monde. Les auteurs retiennent plusieurs critères, les revenus du foyer, la zone d’habitation, la masse du véhicule et sa motorisation.
Concrètement, la moyenne annoncée serait de 140 euros par an et par voiture. Mais l’éventail est large, de 30 euros pour un ménage modeste avec un petit véhicule en territoire peu dense, jusqu’à 900 euros pour les profils les plus favorisés vivant en ville, avec plusieurs voitures et un accès aux transports en commun. Antoine Trouche, l’un des auteurs, défend l’idée d’un effort plus élevé pour les ménages les plus aisés et plus faible pour ceux qui n’ont pas d’alternative à la voiture.
Au-delà de la route, ce que financerait encore cette taxe
En 2025, la fiscalité routière doit rapporter 67,5 milliards d’euros. Cet argent ne sert pas seulement à entretenir le réseau. Il alimente aussi d’autres dépenses publiques, comme l’Éducation nationale ou la Défense.
Antoine Trouche insiste aussi sur deux besoins, la remise à niveau des routes et leur adaptation au changement climatique. C’est là que le dossier devient plus large qu’une simple taxe auto. Ce qui se joue, derrière cette piste, c’est la manière dont la transition du parc automobile pourrait obliger la puissance publique à revoir tout un pan de son financement dans les prochaines années.