Ce que les infirmières peuvent désormais prescrire et vacciner : la liste des nouveaux actes autorisés

Image d'illustration. Gros plan d une seringue sur une surface stérileADN
Les infirmières voient leur champ d’action élargi avec l’autorisation de réaliser de nouveaux actes médicaux, tels que la prescription de certains traitements et la vaccination, renforçant ainsi leur rôle dans le parcours de soins des patients.
Tl;dr
- Rôle infirmier élargi : prescription, diagnostic, vaccination sans ordonnance.
- Nouvelle autonomie reconnue par la « loi infirmière ».
- Métiers et compétences officiellement redéfinis dès 2025.
Un nouveau cap pour la profession infirmière
Sous l’impulsion de la « loi infirmière » du 27 juin 2025, le quotidien des infirmières et infirmiers diplômés d’État s’apprête à changer radicalement. Un décret publié au Journal officiel le 26 janvier, fruit d’une attente de longue date, détaille désormais les contours de leurs domaines de compétences.
Ce texte, que nombre d’acteurs du secteur qualifient de « révolution », place les soignants au cœur du système, bien au-delà du rôle d’exécutant qu’on leur attribuait jusqu’alors.
Vers une autonomie accrue et un diagnostic reconnu
Concrètement, cette réforme introduit des avancées majeures. Les professionnels infirmiers pourront désormais initier eux-mêmes les soins dans plusieurs domaines, qu’ils soient préventifs, éducatifs ou curatifs. La notion de « consultation infirmière » fait son apparition officielle : il sera possible d’évaluer la santé globale d’un patient, d’en dresser le bilan clinique, puis de poser un véritable « diagnostic infirmier ». Cela se traduit aussi par la capacité à élaborer un projet personnalisé de soins – une forme de reconnaissance que la ministre de la Santé Stéphanie Rist n’hésite pas à qualifier « d’essentielle » pour la profession.
Le texte va plus loin. Désormais, les infirmières auront également le droit – très attendu – de prescrire certains produits de santé et examens complémentaires, dans une liste qui sera précisée prochainement.
De nouveaux actes sans prescription médicale
Autre changement phare : l’accès direct pour les patients. Pour tous les vaccins obligatoires à partir de 11 ans (hors cas particuliers), mais aussi contre la grippe ou le Covid dès 5 ans, il ne sera plus nécessaire de passer par un médecin. Les professionnels pourront également réaliser des tests ciblés sur certaines infections sexuellement transmissibles.
Pour accompagner ces évolutions :
- Délégation possible d’actes aux aides-soignantes ou auxiliaires.
- Nouvelles missions en matière de prévention et soutien psychologique.
- Droit reconnu à repérer maltraitance ou souffrance psychique.
Certaines procédures resteront toutefois sous prescription médicale obligatoire : soins postopératoires complexes ou actes d’anesthésie notamment.
L’accueil prudent des professionnels
Du côté des syndicats et collectifs comme le Cilec, l’heure est à la satisfaction. Cette « victoire » est perçue comme une avancée historique : « C’est une révolution de notre système de santé », affirme sur X le juriste en droit de la santé Grégory Caumes. Même son de cloche pour la Fédération nationale des infirmiers (FNI), qui voit dans cette réforme une reconnaissance du raisonnement clinique et du rôle central des infirmières.
Mais cette nouvelle donne n’efface pas toutes les inquiétudes : la vigilance reste de mise quant aux moyens alloués et aux conditions réelles d’exercice sur le terrain. Un tournant majeur s’opère donc dans le paysage médical français – à surveiller attentivement lors des prochains mois d’application.