Carburants, salaires, colère, le spectre des Gilets jaunes revient

Les appels à manifester contre les prix du carburant se multiplient avant le 17 octobre. Sans garantie d’ampleur, mais avec un précédent qui pèse.

Gilet jaune fendant la carte de France
Image d'illustration. La hausse des carburants ravive la colère. — ADN

En bref

  • Des appels à manifester montent en France
  • Le 17 octobre circule sur les réseaux
  • Le précédent de 2018 revient dans le débat

Le gouvernement fait face à une pression croissante sur les prix du carburant, avec en toile de fond le retour possible des Gilets jaunes. Plusieurs appels à la mobilisation circulent, alors que responsables politiques, syndicats et internautes relancent le débat sur le pouvoir d’achat.

Une pression ouverte sur le gouvernement

Vendredi 11 septembre 2026, Fabien Roussel, patron des communistes et candidat à la présidentielle, a menacé d’appeler les Français à se mobiliser si rien n’est fait dans les jours qui viennent sur les prix de l’énergie. Il a évoqué un retour sur les ronds-points, devant les sous-préfectures, les préfectures, mais aussi devant l’Élysée et Matignon.

Le même jour, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a mis en avant une colère immense dans le pays. Elle a demandé une hausse des salaires, le blocage des prix du carburant et l’arrêt de ce qu’elle décrit comme des « cadeaux aux plus riches et aux plus grandes entreprises ». Le pouvoir d’achat et le modèle social seront aussi au centre d’une mobilisation syndicale prévue le 29 septembre 2026 dans la fonction publique.

Le 17 octobre circule déjà sur les réseaux

En parallèle, des publications se multiplient sur TikTok, Facebook et Instagram. Leur mot d’ordre est simple, ressortir les gilets jaunes et manifester, notamment le samedi 17 octobre 2026.

Mais il manque encore l’essentiel, la mesure de cette mobilisation. Pour l’instant, personne ne sait quelle ampleur pourrait prendre cet appel. Bon, le souvenir de 2018 suffit à lui donner un poids symbolique évident.

Pourquoi le souvenir de 2018 ressurgit

Si le parallèle revient si vite, c’est parce que le mouvement de 2018 était né sur le même terrain, celui du prix à la pompe. À l’époque, une pétition mise en ligne en mai 2018 par Priscillia Ludosky, habitante de Seine-et-Marne, autour du slogan « Pour une baisse des prix du carburant à la pompe ! », avait servi de détonateur.

Selon l’Insee, le litre de gazole tournait alors autour de 1,45 euro. Ce vendredi 11 septembre, il avoisine 2,30 euros. En 2018, l’exécutif prévoyait aussi une nouvelle taxe carbone, avec + 6,5 centimes sur le gazole et + 2,9 centimes sur le diesel. Le 17 novembre 2018, près de 300 000 personnes manifestaient sur les ronds-points. Un mois plus tard, Édouard Philippe, alors Premier ministre, annonçait une suspension de la hausse des prix des carburants pour six mois.

Les mesures réclamées par Fabien Roussel

Fabien Roussel demande maintenant des décisions immédiates. Il réclame la suppression des certificats d’économie d’énergie appliqués, selon lui, au litre d’essence depuis le 1er janvier, soit 15 centimes par litre.

Il demande aussi une baisse de la TVA sur les carburants, de 20 % à 5,5 %. D’après lui, cela représenterait 30 centimes en moins sur le litre d’essence. Clairement, c’est sur ce terrain très concret que pourrait se jouer la suite.

Jérôme Nelra

Spécialiste Société

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