Rénovation des écoles, un plan chaleur réduit bien plus que prévu

Le volet écoles d’un plan chaleur annoncé fin juin perd 40 millions d’euros. La promesse de protéger vite des milliers d’élèves change d’échelle.

Store thermique sur fenêtre d’école
Image d'illustration. La protection rapide promise se réduit. — ADN

En bref

  • 40 millions d’euros retirés du volet écoles
  • La cible retombe à 2 500 établissements
  • Les aides financent surtout des audits

Le plan chaleur pour les écoles ne jouera finalement pas à l’échelle annoncée cet été. Alors que le gouvernement visait d’abord les 2 500 écoles les plus exposées avant d’aller rapidement vers 10 000 établissements, le dispositif confirmé en cette rentrée reste cantonné à ce premier cercle.

Une promesse ramenée à 2 500 écoles

Fin juin, en pleine canicule, un plan de 136 millions d’euros avait été présenté pour accélérer la rénovation thermique des écoles. Une partie devait servir à l’adaptation climatique de 12 500 établissements. Aujourd’hui, le cadrage a changé.

Le directeur du programme Actee, qui accompagne les collectivités, a confirmé que le volet porté par la Banque des territoires, la Banque postale et Actee tombait à 16 millions d’euros, contre 56 millions annoncés au départ. Selon lui, le plan qui couvrait un peu plus de 10 000 écoles est désormais ramené à 2 500.

Quarante millions retirés du volet adaptation

La coupe atteint 40 millions d’euros, soit 71 % de l’enveloppe de 56 millions. Ce budget, financé via les certificats d’économies d’énergie, ne servirait plus à des équipements de rafraîchissement, mais seulement à des audits énergétiques.

Interrogé, le ministère de l’Éducation nationale confirme ce changement. Il assure en même temps que l’ambition du plan ne baisse pas et que l’objectif de mieux préparer les écoles les plus vulnérables aux prochaines canicules reste inchangé.

Des fonds redirigés vers l’électrification

Le montant retiré serait redéployé vers le plan d’électrification de la France, selon une source proche du dossier. Ce programme prévoit 10 milliards d’euros par an pour réduire la dépendance aux énergies fossiles.

Un spécialiste du secteur avance une autre explication possible. Une partie du financement des aides de MaPrimeRénov’, principale aide publique pour la rénovation énergétique des logements, pourrait passer par les CEE et sortir ainsi des discussions budgétaires.

Des besoins urgents en pleine rentrée sous la chaleur

Pour le responsable d’Actee, la décision pèse directement sur les conditions d’accueil à l’école. Il dit regretter ce recul au regard des deux canicules survenues pendant la période scolaire et estime que les enfants comme les enseignants vont continuer à souffrir faute d’équipements financés.

Le sujet n’a rien de théorique. Le sud de la France traverse une nouvelle vague de chaleur au moment même de la rentrée.

Ce qui reste financé cet été

De son côté, EDF avait annoncé fin juin 80 millions d’euros. La moitié doit financer des équipements de rafraîchissement rapidement disponibles dans les écoles, l’autre des projets plus structurels.

La Banque des territoires explique avoir relevé sa contribution, sans en préciser le montant, pour lancer 2 500 audits confort d’été dans les établissements prioritaires et au moins 2 500 audits supplémentaires. Environ 2 000 dossiers, concernant 4 000 écoles, ont été déposés depuis le 8 juillet.

Jérôme Nelra

Spécialiste Société

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