Bac Films change de mains, signal fort pour le cinéma indé français

Le distributeur Bac Films, en redressement judiciaire, est repris par HLM Conseil. Une vente modeste sur le papier, mais lourde de sens pour le cinéma indépendant.

Cinéma
Image d'illustration. Cinéma — ADN

En bref

  • Bac Films est cédé à HLM Conseil
  • La vente atteint environ 130.000 euros
  • 5 salariés repris sur 15

Dans le cinéma français, certains noms pèsent plus lourd que leur taille. Bac Films en fait partie. Le distributeur, passé par une procédure de redressement judiciaire, a été cédé à HLM Conseil par une décision rendue mercredi par le Tribunal des activités économiques de Paris.

Un nom ancien du cinéma français bascule

Fondé en 1986 par Jean Labadie, Bac Films a longtemps occupé une place à part dans la circulation des films en salles. On lui doit, ces dernières années encore, la sortie en France de La zone d’intérêt, Alice et le maire ou Chien de la casse. Le groupe a distribué plus de 550 films depuis sa création, ce qui dit assez bien son poids dans le paysage du cinéma indépendant.

Une reprise à petit prix, avec peu d’emplois sauvés

La cession porte sur un montant d’environ 130 000 euros. HLM Conseil, présenté comme une banque d’affaires, reprend aussi un catalogue d’environ 150 films actuellement.

Côté emploi, l’opération reste limitée. Cinq salariés sont repris, sur les quinze que compte aujourd’hui l’entreprise. Résultat, la vente assure une continuité partielle, pas une relance large à ce stade.

Un groupe déjà passé par plusieurs vies

L’histoire de Bac Films ne ressemble pas à une trajectoire linéaire. La société a d’abord appartenu au groupe Vivendi, avant une introduction en Bourse en 2000 sous le nom de Bac Majestic. Puis, en 2013, elle quitte la cote et redevient un groupe indépendant, en reprenant le nom de Bac Films.

Ce parcours compte, parce qu’il montre qu’on ne parle pas d’un acteur apparu hier, mais d’une structure installée, connue des professionnels comme du public cinéphile.

Pourquoi cette vente dépasse le seul cas Bac Films

Le conseil du groupe, Farid Fatah, a estimé qu’il s’agissait d’« une étape marquante pour l’industrie du cinéma indépendant », dans une année qu’il décrit comme particulièrement chargée en défaillances d’entreprises. Le mot n’est pas anodin. Quand un distributeur aussi identifié change de mains sous contrôle judiciaire, c’est tout un segment du marché qui donne un signal.

Le repreneur avance déjà sa feuille de route. Selon la décision, la société veut augmenter le nombre de films exploités grâce à de nouveaux mandats, des accords de codistribution et l’acquisition de nouveaux portefeuilles. Sur le papier, cela dessine moins une rupture qu’une tentative de remettre la machine en route. Et, pour le cinéma indépendant, les prochains mois diront si ce sauvetage reste symbolique ou s’il recrée une vraie capacité de distribution.

Morgan Fromentin

Spécialiste Économie

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