En bref
- Un don manuel doit être déclaré
- Depuis 2026, la démarche est en ligne
- L’oubli peut coûter cher plus tard
Un virement pour aider un enfant à acheter un logement, financer des études ou lancer un projet, on voit ça comme un coup de pouce familial. Fiscalement, c’est plus encadré que ça. Même sans impôt à payer, un don d’argent doit en général être déclaré à l’administration.
Un geste courant, mais pas invisible pour le fisc
Le point clé, c’est le don manuel. Il peut prendre la forme d’un chèque, d’espèces ou d’un virement bancaire. Rien de très solennel, donc, mais cela reste une donation.
Cette déclaration sert à deux choses. D’abord, l’administration enregistre la transmission pour suivre l’usage des abattements fiscaux entre parents et enfants. Ensuite, elle fixe une date officielle, utile puisque ces abattements peuvent être renouvelés après un certain délai. En clair, déclarer protège aussi bien le parent que l’enfant, parce que l’opération laisse une trace incontestable.
La succession, moment où l’oubli se paie souvent
C’est souvent des années plus tard que les problèmes commencent.
Au moment d’une succession, le notaire doit reconstituer les donations faites par le défunt pour vérifier l’équilibre entre héritiers. Si un don n’a jamais été déclaré et qu’il réapparaît à ce moment-là, le fisc peut réclamer les droits dus, mais aussi des intérêts de retard et des pénalités.
Un cas récent rapporté par Le Figaro illustre bien le risque, avec une donation de 30 000 euros non déclarée qui a fini par coûter plusieurs milliers d’euros aux héritiers. Et au-delà de l’argent, une donation cachée peut tendre les relations familiales, comme l’a aussi montré une affaire relayée par Presse Citron.
Depuis 2026, tout passe par internet
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, la procédure a changé. La déclaration des dons manuels aux proches est devenue obligatoirement dématérialisée.
Avant, beaucoup passaient par le formulaire papier Cerfa n°2735. Désormais, la démarche se fait depuis l’espace particulier sur impots.gouv.fr, en application du décret n° 2025-1082 du 17 novembre 2025. Le bénéficiaire doit indiquer le montant du don, la date de transmission et l’identité du donateur. Si des droits restent dus après calcul, le règlement se fait aussi en ligne par télépaiement.
Déclarer n’est pas forcément payer
Bon, c’est le point que beaucoup oublient. Déclaration ne veut pas dire automatiquement imposition.
Entre un parent et son enfant, l’abattement de droit commun atteint 100 000 euros par parent et par enfant, avec un renouvellement tous les quinze ans. Il peut s’y ajouter, sous conditions d’âge, l’exonération spécifique des dons familiaux de sommes d’argent prévue par l’article 790 G du Code général des impôts, dans la limite de 31 865 euros.
Ce changement de procédure dit quelque chose de plus large. L’administration veut mieux suivre les transmissions familiales, et pour les contribuables, le message est simple, un don discret aujourd’hui peut devenir un vrai dossier demain.