Avatar sans James Cameron : le pari risqué qui se profile

Le créateur d’Avatar envisage déjà d’autres histoires. Pour les volets 4 et 5, l’idée d’un passage de relais prend soudain une tout autre ampleur.

Avatar
Image d'illustration. Avatar — 20th Century Fox / PR-ADN

En bref

  • James Cameron envisage de ne plus réaliser lui-même les prochains Avatar 4 et 5, laissant la porte ouverte à d’autres cinéastes.
  • Le succès de Avatar: Fire and Ash a été moins fort que les précédents films, relançant les doutes sur l’avenir de la saga.
  • La franchise repose fortement sur la vision technique et artistique de James Cameron, dont le départ changerait profondément son identité.

Le futur d’Avatar a pris un petit coup de froid. James Cameron, qui porte la saga depuis ses débuts, regarde désormais au-delà de Pandora et se demande quelles autres histoires il veut encore raconter lui-même.

Un aveu qui change l’horizon de la saga

Lors d’un entretien accordé après avoir reçu le Governor General’s Performing Arts Award en 2026, James Cameron a expliqué que l’univers Avatar l’accompagne sans interruption depuis 2005. Mais il a aussi dit qu’il observait maintenant le paysage pour voir quels projets méritent encore qu’il les réalise en personne, et lesquels pourraient passer par l’écriture ou la production avec d’autres cinéastes.

Dit autrement, l’idée qu’il ne mette pas lui-même en scène Avatar 4 et Avatar 5 n’a jamais semblé aussi concrète. Et pour une franchise aussi liée à un seul regard, ce n’est pas un détail.

Le troisième film a cassé l’élan

Le timing n’aide pas. Le premier Avatar, sorti en 2009, avait redéfini le blockbuster moderne et cumulé près de 2,9 milliards de dollars dans le monde. Treize ans plus tard, Avatar: The Way of Water a confirmé que Pandora pouvait tenir sur la durée, avec un accueil critique très solide et 2,3 milliards de dollars au box-office.

En revanche, Avatar: Fire and Ash, troisième épisode du cycle prévu en cinq films, a moins bien résisté. Les critiques ont été plus divisées, pas mal de fans ont pointé une histoire jugée trop proche de celle du film précédent, et les recettes ont suivi la même pente, avec environ 1,4 milliard de dollars. C’est énorme dans l’absolu. Pour Avatar, c’est une alerte.

Une franchise bâtie autour d’un seul cinéaste

Ce qui complique tout, c’est la place de James Cameron dans la machine. Ses films ne sont pas simplement signés par lui, ils sont modelés par lui à tous les étages. Pour Avatar: The Way of Water et Avatar: Fire and Ash, il a lui-même développé les systèmes de capture de performance sous l’eau, testé de nouveaux rigs caméra et poussé la motion capture sur des terrains que peu de productions avaient explorés.

Son implication allait aussi au casting, à la supervision des effets visuels et au montage, avec un contrôle final sur les choix créatifs. Même s’il restait scénariste ou producteur, la précision technique qui fait la singularité de la saga pourrait être plus difficile à retrouver avec un autre réalisateur. Pour Disney et 20th Century Studios, le test serait grandeur nature.

Les dates restent fixées, mais la question est ouverte

Pour l’instant, le calendrier ne bouge pas. Avatar 4 est toujours attendu le 21 décembre 2029, puis Avatar 5 le 19 décembre 2031.

Mais la vraie question est simple. Est-ce que la marque Avatar peut tenir sans l’homme qui a révolutionné la 3D moderne, signé aussi bien Titanic que Terminator ou Aliens, et passé plus de vingt ans à bâtir cet univers film après film ? Si James Cameron préfère consacrer les années qui viennent à de nouvelles histoires plutôt qu’à une nouvelle décennie sur Pandora, le choix se comprend. Sauf que pour la saga, ce serait un tournant massif.

Jordan Servan

Spécialiste Divertissement

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