En bref
- Le mineur de 14 ans a été écroué
- Il admet une influence liée aux tueries de masse
- Il nie avoir voulu tuer
Le collégien de 14 ans soupçonné d’avoir tiré sur le principal et une enseignante de son établissement à Aubagne a été placé en détention provisoire mercredi 14 octobre 2026. La décision a été prise après sa présentation à un juge au tribunal judiciaire de Paris, dans un dossier suivi par le Parquet national antiterroriste.
Une détention provisoire décidée après sa présentation au juge
La journée s’est terminée devant le juge des libertés et de la détention. L’avocat du mineur, Me Fabrice Giletta, a indiqué que son client avait été incarcéré, comme il s’y attendait. Il a aussi décrit un adolescent qui commence à mesurer la gravité des faits.
Me Fabrice Giletta a parlé d’une journée longue et éprouvante, achevée par l’incarcération de son client. Le mineur a donc passé sa première nuit en prison, deux jours après les tirs survenus lundi 12 octobre 2026 dans ce collège des Bouches-du-Rhône, en marge des blocages lycéens.
Le mineur reconnaît une influence, mais conteste l’intention homicide
Sur le fond, le dossier avance sur deux lignes. D’un côté, l’adolescent a admis avoir été influencé par une mouvance fascinée par les tueries de masse. De l’autre, il conteste avoir voulu tuer.
Son avocat assure sur ce point que l’intention homicide est niée par son client, lequel soutient avoir visé des zones qu’il considérait comme non létales. C’est un élément important pour la suite de l’instruction, parce qu’il touche directement à la qualification des faits.
Le Parquet national antiterroriste a aussi fait savoir que l’examen psychologique réalisé pendant la garde à vue n’avait pas conclu à l’existence d’une pathologie psychique. Me Fabrice Giletta tempère ce constat et estime que l’instruction devra approfondir cet aspect avec des expertises.
La piste de la True Crime Community entre dans le dossier
L’enquête s’intéresse à une probable adhésion du mineur à la True Crime Community, souvent abrégée TCC. Selon le parquet antiterroriste, il s’agirait d’un profil fasciné par les auteurs de tueries de masse.
Le mineur admet une influence de cette communauté, mais il nie avoir agi en son nom. Ce point compte quand même, parce que la justice antiterroriste établit ici, pour la première fois en France, un lien entre un passage à l’acte et ce type de profil né en Amérique du Nord.
Le mobile invoqué et l’état des victimes restent à vérifier
L’adolescent avance un autre mobile. Il évoque une volonté de vengeance liée, selon lui, à un harcèlement venant de professeurs et de camarades.
À ce stade, cette version n’est pas corroborée par les investigations, précise le Parquet national antiterroriste. Quant aux deux victimes blessées, des incapacités totales de travail de 45 jours pour l’une et de 10 jours pour l’autre ont été prescrites. L’instruction doit maintenant trancher entre ce qui est admis, ce qui est contesté, et ce qui reste à établir.