Argentine : le président Milei promet une dérégulation massive de l’économie
Les annonces du nouveau et ultralibéral président ont jeté des milliers de manifestants dans les rues de la capitale.
Mercredi 20 décembre, le nouveau président argentin Javier Milei a annoncé une dérégulation massive de la troisième économie d’Amérique latine.
Il a signé un décret destiné à modifier ou abroger plus de 300 normes notamment en matière d’économie et d’emploi, dont celles relatives aux loyers, privatisations et au droit du travail.
Milei veut « rendre la liberté et l’autonomie aux individus »
Dans une allocution diffusée à la radio et à la télévision, il a ainsi déclaré : « L’objectif est d’entamer le chemin vers la reconstruction du pays, rendre la liberté et l’autonomie aux individus et commencer à désarmer l’énorme quantité de régulations qui ont retenu, entravé et empêché la croissance économique dans notre pays ».
Quelles mesures ont ainsi été annoncées ? Une abrogation de la loi qui encadre les loyers et celles bridant la privatisation d’entreprises publiques comme la compagnie aérienne Aerolineas Argentinas ou encore le groupe pétrolier YPF. Les sociétés publiques seront toutes muées en sociétés anonymes pour permettre leur privatisation.
Un droit du travail « modernisé »
Pour permettre la création de davantage d’emplois, Milei promet encore une « modernisation du droit du travail ». Tourisme, santé, internet, transport aérien, pharmacie, viticulture ou encore commerce seront tous concernés par la dérégulation massive.
Mercredi, il justifie tout cela par la « série de crises » ayant affecté le pays ces dernières années et qui « ont toutes la même origine : le déficit budgétaire ».
Des milliers d’opposants à Buenos Aires
Le décret doit encore sous les 10 prochains jours être examiné par une commission mixte composée de députés et de sénateurs. Et il ne sera invalidé qu’en cas de rejet par les deux chambres du Parlement, où le parti de Javier Milei est minoritaire.
L’allocution radio-télévisée a été accueillie par un concert de casseroles de la part d’opposants au président, qui étaient des milliers à être spontanément descendus dans les rues de la capitale, Buenos Aires.