Après les mascottes Phryges, une entreprise bretonne crée les peluches des prochains JO d’hiver

Après avoir conçu les mascottes en peluche des Jeux olympiques de Paris 2024, une entreprise basée en Bretagne poursuit l’aventure olympique en réalisant désormais les peluches officielles pour la prochaine édition hivernale des Jeux.

mascotte JO hiver 2026 Milan Cortina
Image d'illustration. mascotte JO hiver 2026 Milan Cortina — ADN

Tl;dr

  • Succès des Phryges : deux millions de peluches vendues.
  • Doudou et Compagnie produit aussi pour Milan-Cortina 2026.
  • Relocalisation en Bretagne : objectif de 10 % de production.

L’après JO, entre fierté et ambitions retrouvées

Au sortir de l’effervescence qui a porté les Jeux Olympiques de Paris, la France semble renouer avec une forme de morosité, mais certains ateliers gardent le cap. À La Guerche-de-Bretagne, l’usine du groupe Doudou et Compagnie continue d’incarner ce souffle positif insufflé par l’aventure olympique. Si la cadence a nettement ralenti après la déferlante de 2024, l’empreinte des mascottes Phryges reste vive au sein de l’atelier, où une vingtaine de couturières font perdurer l’esprit des jeux.

Un succès inattendu autour des Phryges

Il y a encore peu, les peluches à l’effigie des Phryges suscitaient moqueries et scepticisme. Pourtant, leur succès s’est révélé fulgurant : plus de deux millions d’exemplaires produits, dont plus de 200 000 fabriqués en Bretagne. Pour le président-fondateur du groupe, Alain Joly, ce fut un « sacré challenge pour tout le monde, mais on l’a relevé même si c’était épuisant ». Ce dynamisme a également profité à toutes les marques satellites du groupe : Maïlou, Histoire d’Ours, L’Ours Français ou encore Baby Nat’. La demande n’a cessé d’affluer, profitant même aux lignes sous licence – que ce soit pour Roland-Garros, le Puy du Fou ou le PSG.

Milan-Cortina : un nouveau chapitre olympique

Le groupe ne s’arrête pas là. Pour les JO d’hiver à Milan-Cortina, il est une nouvelle fois sollicité. La société bretonne fabrique désormais les peluches des Flo – six petits perce-neige qui partageront la lumière avec Tina et Milo, les hermines jumelles mascottes officielles. « Cela n’est pas de la même ampleur que pour les JO de Paris, mais c’est un projet important qui nous permet de faire perdurer l’esprit des jeux et de garder un lien avec le monde olympique », confie Alain Joly.

Voici ce qu’il faut retenir concernant la fabrication :

  • 130 000 peluches sont confectionnées dans l’usine chinoise du groupe pour limiter les coûts.
  • L’atelier breton réalise cependant une série limitée : 900 pièces numérotées estampillées « made in France ».

Pousser la relocalisation, une ambition affichée

Face à la polémique sur la production majoritairement externalisée en Chine, Alain Joly affiche sa volonté d’intensifier la relocalisation. Il vise clairement « 10 % de la production ici à terme, soit 500 000 pièces — trois fois plus qu’aujourd’hui ». Une ambition portée par la fierté d’être « l’un des seuls à fabriquer encore en France », alors que bien peu d’acteurs résistent encore à cette tendance lourde dans l’industrie du jouet.

Entre nostalgie post-olympique et projection vers Milan-Cortina, Doudou et Compagnie s’impose ainsi comme un acteur résolument attaché à son ancrage breton… tout en gardant un œil attentif sur les réalités économiques globales.

Morgan Fromentin

Spécialiste Économie

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