Après l’arrêt des traitements, le poids se reprendrait quatre fois plus vite

Image d'illustration. Poids balanceADN
Une récente étude révèle que l’arrêt des traitements médicamenteux contre l’obésité s’accompagne d’une reprise de poids nettement accélérée, celle-ci progressant à un rythme quatre fois supérieur par rapport à celui observé pendant la période de traitement.
Tl;dr
- Reprise de poids accélérée après l’arrêt des médicaments.
- Effets secondaires et coût limitent leur usage prolongé.
- Médicaments GLP-1 : un outil, pas un remède définitif.
Des espoirs déçus par la reprise rapide du poids
La popularité croissante des nouveaux médicaments comme le Wegovy, le Mounjaro ou l’Ozempic n’a d’égal que la déception qui suit souvent l’interruption de ces traitements. Selon une étude britannique publiée le 8 janvier 2026 dans la revue médicale BMJ, la reprise pondérale chez les patients ayant arrêté ces médicaments serait quatre fois plus rapide que celle observée après un régime classique accompagné d’une activité physique. Les participants à cette étude, ayant perdu en moyenne près de 15 kg durant leur traitement à base de molécules GLP-1 – sémaglutide ou tirzépatide –, auraient repris jusqu’à 10 kg en un an, retrouvant généralement leur poids initial en 18 mois.
Médicaments GLP-1 : entre innovation et limites structurelles
Ces traitements de nouvelle génération, très répandus dans les pays industrialisés, agissent sur la sécrétion d’insuline et la sensation de satiété. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) les a même inscrits récemment sur sa liste de médicaments essentiels, appelant toutefois au développement de versions génériques plus accessibles pour les pays à faibles revenus. S’ils permettent effectivement une perte de poids pouvant aller jusqu’à 20 %, leur efficacité réelle sur le long terme interroge : « L’obésité reste une maladie chronique récidivante », rappelle Susan Jebb, spécialiste à l’université d’Oxford. D’après les auteurs de l’étude, malgré des bénéfices initiaux indéniables, le retour rapide du poids met en lumière les limites des traitements seuls.
Des freins persistants : effets secondaires et coût élevé
Pourquoi autant d’arrêts prématurés ? Plusieurs explications émergent : effets secondaires fréquents – nausées notamment –, mais aussi prix prohibitifs pouvant dépasser les 1 000 dollars mensuels aux États-Unis pour certains patients. On constate que près de la moitié des utilisateurs cessent leur traitement au cours de la première année. Même si certains tarifs commencent à baisser, l’accès généralisé reste complexe.
Vers des stratégies combinées pour lutter contre l’obésité
Finalement, pour maintenir durablement une perte de poids, l’approche médicamenteuse semble insuffisante. Les chercheurs insistent sur la nécessité d’associer plusieurs leviers :
- Régime alimentaire adapté
- Exercice physique régulier
- Soutien psychologique ou comportemental
Comme le souligne Garron Dodd (université australienne de Melbourne) : « C’est un point de départ, pas un remède : il faut repenser notre rapport à l’équilibre énergétique. » À la lumière de ces travaux, il paraît essentiel pour les systèmes de santé d’ajuster leur évaluation du bénéfice-risque des médicaments anti-obésité et d’envisager des solutions plurielles.