États-Unis : les personnes diabétiques ou obèses exclues des visas, malgré une épidémie nationale d’obésité

Image d'illustration. Gros plan sur une balance numérique sur sol de salle de bain moderneADN
Aux États-Unis, les autorités refusent désormais l’octroi de visas à des étrangers souffrant de diabète ou d’obésité, alors même que le pays figure parmi les plus touchés au monde par ces deux problèmes de santé.
Tl;dr
- Visas refusés pour raisons de santé, dont l’obésité.
- Nouvelles règles imposées par l’administration Trump.
- Mesures critiquées comme discriminatoires et coûteuses.
Un nouveau tour de vis sur la politique migratoire américaine
Alors que la question migratoire ne cesse d’alimenter le débat public aux États-Unis, l’administration de Donald Trump franchit une nouvelle étape. Désormais, les candidats à l’immigration risquent un refus de visa si leur état de santé est jugé préoccupant.
Selon une directive récemment envoyée par le département d’État, des pathologies telles que l’obésité, le diabète ou encore certains cancers peuvent suffire à exclure un demandeur.
Santé des candidats : une ligne rouge pour Washington
La mesure vise à éviter que les personnes « coûtant plusieurs centaines de milliers de dollars » en soins ne deviennent, selon la note officielle, un fardeau pour les finances américaines. Le texte, adressé aux ambassades et consulats via une circulaire signée par le secrétaire d’État Marco Rubio, élargit sensiblement les critères déjà appliqués. Il demande également aux agents consulaires d’évaluer si des membres de la famille présentent des « handicaps, maladies chroniques ou besoins spécifiques ».
Voici, pour clarifier, quelques points clés relevés dans cette directive :
- L’état de santé du demandeur doit être pris en compte systématiquement.
- Les maladies chroniques et handicaps des personnes à charge sont désormais examinés.
- Des antécédents médicaux lourds peuvent entraîner un refus automatique du visa.
Des critiques contre une vision jugée stigmatisante
Ces orientations n’ont pas tardé à susciter réactions et inquiétudes. La professeure de droit Erin Corcoran, interrogée par le Times, déplore ainsi : « C’est un nouvel exemple de la volonté de cette administration de rendre plus difficile l’accès au pays en ciblant les questions de santé… Je pense qu’il s’agit également d’une tentative de présenter les immigrants comme malades ou qu’ils vont causer du tort à notre pays, ce qu’aucune donnée ne confirme. »
Paradoxalement, les États-Unis comptent parmi les nations où l’obésité frappe le plus fort ; leur président lui-même n’est pas épargné. En 2020, un bilan médical avait classé Donald Trump comme étant en situation d’obésité clinique. En janvier dernier, il évoquait publiquement ses propres difficultés avec son poids.
Derrière la santé, le durcissement général envers l’immigration légale
Depuis son retour au pouvoir début 2024, Donald Trump n’a cessé d’afficher sa volonté de contrôler plus strictement non seulement l’immigration clandestine mais aussi l’accès des migrants réguliers au territoire américain. Outre cette offensive sanitaire, le département d’État a procédé à la révocation massive de visas — y compris pour motifs politiques. Pour Tommy Pigott, porte-parole adjoint du département, ces choix s’inscrivent dans une logique claire : « L’administration Trump accorde la priorité aux intérêts du peuple américain… Cela inclut des politiques visant à garantir que notre système d’immigration ne soit pas un fardeau pour les contribuables américains. »
En somme, loin d’être anecdotique, cette évolution réglementaire reflète une tendance lourde : celle d’une Amérique refermée sur ses propres priorités budgétaires et sanitaires.