Amazon veut vendre ses puces IA et défier Nvidia sur son terrain

AWS envisage de vendre ses puces Trainium à d’autres entreprises. Un virage qui viserait plus directement Nvidia, avec de gros obstacles.

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Image d'illustration. Amazon — Amazon / PR-ADN
  • AWS explore la possibilité de vendre ses puces IA Trainium à des entreprises tierces, mais ces discussions restent très précoces et encore incertaines.
  • L’enjeu principal est stratégique : AWS privilégie aujourd’hui son écosystème cloud, plus rentable que la simple vente de matériel, tout en étant déjà limité par des contraintes de production.
  • Cette ouverture potentielle ne menace pas Nvidia à court terme, mais confirme les ambitions d’Amazon sur le marché massif des puces dédiées à l’IA.

Si Amazon passe le cap, ce n’est pas juste une ligne de plus dans son catalogue. Ce serait une façon bien plus frontale pour AWS d’aller chercher Nvidia sur le marché des puces IA, un terrain où le groupe domine très largement.

Un projet encore précoce, mais loin d’être anodin

Selon Bloomberg, le patron de l’IA chez Amazon Web Services, Peter DeSantis, a expliqué que AWS discutait avec d’autres entreprises pour leur vendre ses puces Trainium afin qu’elles soient utilisées dans des centres de données. Il n’a pas précisé quels groupes pourraient être intéressés.

Chez TechCrunch, l’entreprise tempère quand même. Ces discussions n’en sont qu’au début. L’idée ne sort pas de nulle part, puisque le directeur général d’Amazon, Andy Jassy, écrivait déjà début avril 2026 à ses actionnaires que la demande pour les puces maison était telle qu’une vente à des tiers restait très possible à l’avenir.

Un porte-parole d’AWS, Doron Aronson, l’a confirmé dans le même sens. Historiquement, AWS refusait de vendre directement ses puces, mais cette position pourrait évoluer.

Pourquoi AWS n’a jamais vraiment eu intérêt à vendre ses puces ?

Le point clé, il est là. AWS ne gagne pas seulement de l’argent avec les calculs IA réalisés sur ses puces. Le vrai pactole vient aussi de tout ce qui entoure ces usages dans le cloud.

Quand une entreprise déploie une appli d’IA sur AWS, elle paie aussi du stockage, des outils de sécurité, du réseau et de la supervision. Du coup, vendre les puces seules peut sembler moins intéressant que garder les clients dans l’écosystème complet.

Le vrai problème, c’est la capacité de production

Et là, ça coince vite. Dans sa lettre d’avril, Andy Jassy expliquait que la capacité disponible pour Trainium s’était vendue presque immédiatement. Même constat pour Trainium4, alors que cette nouvelle génération n’arrivera pas avant plus d’un an.

Ce contexte date d’avant l’ajout formel d’OpenAI parmi les modèles proposés par AWS. Autrement dit, la pression sur la capacité n’a rien d’anecdotique.

Vendre des puces à d’autres acteurs voudrait donc dire, très probablement, laisser certains clients actuels sur liste d’attente. Sauf à produire un surplus avec des partenaires industriels comme TSMC. Mais prendre plus de place chez TSMC n’a rien d’évident quand Nvidia y pèse très lourd, au point d’avoir récemment dépassé Apple comme premier client du fondeur.

Une menace relative pour Nvidia, mais un signal fort

Sur le papier, Andy Jassy estime que si l’activité puces d’Amazon existait seule et vendait ses composants à AWS comme à des tiers, elle tournerait à 50 milliards de dollars de rythme annuel. Ce n’est pas rien. C’est même proche du niveau de chiffre d’affaires annuel d’Intel.

Mais on reste loin de Nvidia, qui avance actuellement sur un rythme de revenus d’environ 326 milliards de dollars. Bref, pas de renversement immédiat. En revanche, le message est limpide, pendant que Jensen Huang dit voir un nouveau marché de 200 milliards de dollars pour les CPU dédiés à l’IA, Amazon montre qu’il a lui aussi des ambitions très sérieuses dans les semi-conducteurs.