Alliance attaque l’État après des consignes floues aux policiers

Le syndicat Alliance vise l’État pour mise en danger de la vie d’autrui. En cause, des ordres jugés contradictoires pendant la mobilisation lycéenne.

Façade de tribunal administratif français
Image d'illustration. Le syndicat vise l’État en justice. — ADN

En bref

  • Alliance engage une plainte contre l’État
  • Le syndicat dénonce des ordres contradictoires
  • Le contexte est explosif depuis mi-septembre

Entre les consignes données sur le terrain et la parole officielle, Alliance dit voir une rupture devenue intenable. C’est sur ce point que le syndicat de police a décidé d’attaquer l’État, en visant une possible mise en danger de la vie d’autrui dans le cadre de la mobilisation lycéenne.

Le dépôt de plainte a été annoncé mercredi 14 octobre 2026, au lendemain de l’acte V du mouvement. Selon Alliance, les policiers font face à des injonctions contradictoires, avec des consignes jugées floues alors même que la tension reste élevée dans les rues.

Une plainte qui vise directement l’État

Le syndicat ne s’en prend pas à un service en particulier mais à l’État lui-même. Il estime que les effectifs sont exposés à la violence tout en étant laissés sans ligne claire. Le dépôt d’une plainte pour mise en danger d’autrui était encore en cours mercredi soir, selon les précisions communiquées à l’AFP.

Dans son argumentaire, Alliance décrit des policiers isolés, abandonnés et livrés à la vindicte. L’organisation, majoritairement composée de gardiens de la paix et de policiers adjoints, affirme que la réalité du terrain ne correspond plus au discours tenu au sommet.

Le terrain contre la parole publique

Le cœur du dossier est là. Alliance dénonce un décalage entre les déclarations publiques de Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, et les consignes verbales relayées par la hiérarchie.

Le syndicat demande en clair qui donne les ordres, qui les transmet et qui en assumera les conséquences si un drame survient. Il interpelle aussi directement le ministre sur le fonctionnement de son administration. Bref, la bataille est autant opérationnelle que politique.

Des blessés des deux côtés et une gestion contestée

Cette plainte arrive alors que la gestion du mouvement lycéen, lancé à la mi-septembre, fait déjà l’objet de critiques. Trente-six affaires ont été confiées à l’Inspection générale de la police, l’IGPN, pour des interventions durant lesquelles des jeunes ont été blessés, parfois gravement.

En parallèle, le Premier ministre Sébastien Lecornu a déclaré mercredi, lors des questions au gouvernement au Sénat, que 937 policiers et gendarmes avaient été blessés depuis le début du mouvement, dont 40 pour la seule journée de mardi. Aucune précision n’a été donnée sur la gravité ou les circonstances de ces blessures.

La chaîne de commandement au centre de la bataille

Alliance réclame désormais une remise à plat de la chaîne de commandement. Le syndicat veut que les auteurs des consignes litigieuses soient identifiés et que les responsabilités soient établies à tous les niveaux de l’État.

Un épisode alimente ce procès en confusion. Lors d’une audition publique sur le maintien de l’ordre au Parlement, Laurent Nuñez a été informé par un parlementaire d’Indre-et-Loire qu’un préfet avait suspendu l’usage du LBD sur son territoire. L’entourage du ministre a assuré qu’aucune instruction nationale n’avait été donnée en ce sens et qu’un rappel à l’ordre avait suivi. C’est peu, mais cela suffit à montrer où se loge la fracture.

Jérôme Nelra

Spécialiste Société

X Tous ses articles →
Une erreur dans cet article ?

Nous apportons le plus grand soin à chaque article et nous appuyons sur des sources fiables. Personne n'est à l'abri d'une erreur : si vous en repérez une, signalez-la, nous la corrigerons au plus vite.

Sujets
Plainte Police

Lisez 24matins en priorité sur Google

Ajoutez-nous à vos sources préférées : nos articles remonteront plus haut dans votre actualité.

Ajouter à mes sources

À découvrir

La suite, sélectionnée pour vous.