En bref
- AliExpress reçoit une amende record de 550 millions d’euros pour des produits illégaux ou dangereux.
- L’UE accuse la plateforme de contrôles insuffisants malgré les obligations du Digital Services Act.
- Cette sanction renforce la pression sur les géants du e-commerce comme Temu ou Shein.
Des millions de produits problématiques ont été repérés sur AliExpress, dont des contrefaçons, des jouets jugés dangereux et des cosmétiques considérés comme risqués. C’est ce constat qui a conduit l’Union européenne à frapper fort.
Des millions d’articles dans le viseur
La Commission européenne inflige à AliExpress une amende record de 550 millions d’euros. En cause, la présence et la diffusion de produits illégaux ou nocifs au sein de l’UE. Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive chargée de la souveraineté technologique, de la sécurité et de la démocratie, estime que la vente de vêtements contrefaits, de jouets dangereux, de cosmétiques à risque et d’autres articles similaires montre que la plateforme n’a pas respecté ses obligations au titre du Digital Services Act.
Pourquoi la sanction bat tous les records ?
Ce montant est le plus élevé jamais imposé dans le cadre du DSA, le règlement européen qui oblige les très grandes plateformes à mieux surveiller les produits et services illégaux. AliExpress, propriété du groupe chinois Alibaba, était donc attendu au tournant.
Pour Henna Virkkunen, ce manque de vigilance met directement en danger les consommateurs et pénalise aussi les entreprises qui respectent les règles européennes. Le message est clair, et assez sec, quand même.
Ce que l’enquête reproche à AliExpress
L’enquête de la Commission européenne avait commencé en mars 2024. Elle visait plusieurs soupçons d’infraction au DSA, notamment autour des systèmes de recommandation et de publicité de la plateforme.
Les enquêteurs ont conclu que AliExpress ne mobilisait pas assez de personnel pour assurer un contrôle sérieux. Plus frappant encore, certains salariés chargés d’examiner les produits n’avaient parfois que quelques dizaines de secondes pour décider si un article respectait les normes de l’UE. Et des produits avaient continué à être vendus même après signalement. Résultat, la taille de la plateforme n’a pas pesé comme excuse.
Une pression plus large sur les géants du e-commerce
AliExpress conteste la décision. La plateforme juge l’amende disproportionnée et dit qu’elle ne reflète pas correctement le cadre déjà mis en place ni les améliorations engagées. Elle indique aussi examiner la décision et toutes les options possibles, sans préciser à ce stade si un recours sera déposé.
L’affaire ne tombe pas seule. En mai, Temu a lui aussi été sanctionné à hauteur de 200 millions d’euros au titre du DSA pour des manquements comparables. L’UE avait déjà relevé des taux élevés de non-conformité sur les grandes plateformes comme Shein, Temu et AliExpress, avec jusqu’à 65% des cosmétiques, 63% des compléments alimentaires et 60% des équipements de protection individuelle hors des clous. Là, on n’est plus dans l’accident isolé.