OpenAI secoué par une vague de départs au sommet

OpenAI enchaîne les départs de dirigeants depuis janvier, alors que l’entreprise prépare son introduction en Bourse et resserre son organisation.

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Image d'illustration. OpenAI — OpenAI / PR-ADN

En bref

  • OpenAI voit partir plus d’une douzaine de dirigeants, malgré la forte croissance de ses produits et abonnés.
  • Sam Altman réorganise l’entreprise pour réduire les coûts et privilégier les activités rentables, tandis que Greg Brockman gagne en influence.
  • À l’approche d’une possible IPO en 2027, OpenAI doit stabiliser sa direction, augmenter ses revenus et limiter ses pertes, notamment face à Anthropic.

Chez OpenAI, le vrai signal du moment n’est pas seulement la sortie de GPT-5.6 ou la hausse des abonnés. C’est le sommet de l’organigramme qui bouge. Depuis le début de l’année, plus d’une douzaine de dirigeants ont quitté l’entreprise, alors même qu’elle a lancé les démarches pour une future introduction en Bourse.

Le contraste frappe, quand même. Le laboratoire reste l’un des plus avancés du secteur, avec un modèle présenté comme parmi les plus capables et efficaces du marché, et une application desktop orientée code et tâches de bureau qui a gagné environ 15 millions d’abonnés en deux mois. Pourtant, les départs s’accumulent.

Une série de départs qui finit par peser

Parmi les sortants, on retrouve l’adjoint principal de Sam Altman, le directeur des opérations, un directeur des revenus, la directrice marketing, ainsi que plusieurs responsables d’équipe. Dernier cas en date, Chris Malone, chargé des centres de données, a quitté OpenAI la semaine dernière après avoir rejoint l’entreprise en mars 2024.

Ce départ n’est pas anodin. L’un des gros avantages d’OpenAI face à des concurrents comme Anthropic ou SpaceX, c’est justement son investissement dans la puissance de calcul.

Derrière les sorties, une réorganisation très ciblée

Tous les départs n’ont pas la même cause. Certains sont liés à des questions de santé. D’autres s’inscrivent dans la réorganisation lancée par Sam Altman, avec un objectif assez limpide, couper les projets jugés trop coûteux et pousser davantage les activités capables de générer du revenu.

Pour Chris Malone, OpenAI a expliqué que son départ découlait d’un remaniement de l’équipe infrastructure, désormais menée par le vice-président Sachin Katti et rattachée au président Greg Brockman. Quand un dirigeant se retrouve plusieurs échelons plus bas, on a vu plus surprenant qu’un départ.

Greg Brockman revient au centre du jeu

Le laboratoire n’a pas détaillé publiquement l’ensemble des changements, mais un point ressort. Greg Brockman reprend clairement de l’influence. Cofondateur et président, il avait joué un rôle important dans la construction de l’infrastructure des débuts, avant de perdre l’essentiel de ses responsabilités de gestion en 2019, au moment où Sam Altman est devenu PDG.

Son parcours interne a ensuite été plus heurté. Le livre Empire of AI de Karen Hao lui attribue un rôle perturbateur, malgré des contributions jugées majeures sur des projets comme GPT-4. Il a aussi été associé aux rivalités internes ayant précédé l’épisode de 2023, quand le conseil d’administration a brièvement évincé Sam Altman. Après une courte pause en 2024, il est revenu.

Aujourd’hui, les équipes produit et infrastructure lui reportent. Thibault Sottiaux, qui dirige les offres API et applications, l’a résumé ainsi la semaine dernière : « J’aime dire que tout le monde reporte à Greg à la fin de la journée ».

L’IPO en toile de fond, avec la pression d’Anthropic

En juin, OpenAI a indiqué avoir déposé de manière confidentielle ses documents de cotation auprès de la SEC. L’opération n’est pas attendue avant 2027. C’est long, surtout quand on sait qu’une entreprise qui suit cette voie arrive souvent en Bourse en environ cinq mois, et que SpaceX l’avait fait en moins de deux.

Cette attente dit quelque chose. Anthropic, qui prépare aussi son arrivée sur les marchés, serait rentable. OpenAI, de son côté, verrait ses pertes augmenter en même temps que son chiffre d’affaires. Résultat, l’entreprise doit à la fois remplir le vide laissé par les départs, faire monter les revenus et réduire les coûts. Et dans cette séquence, la remontée de Greg Brockman ressemble de moins en moins à un détail.

Jordan Servan

Spécialiste Tech

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