AI Force : le « bras armé » américain de l’intelligence artificielle

Donald Trump veut créer une AI Force et nommer un responsable dédié. Une annonce qui va à l’inverse des appels récents à ralentir l’IA.

Donald Trump
Image d'illustration. Donald Trump — ADN

En bref

  • Donald Trump veut accélérer l’IA américaine, contrairement aux dirigeants de la tech qui appellent à ralentir.
  • Une « AI Force » doit être créée, mais ses missions et son fonctionnement restent encore flous.
  • La Chine est au cœur de cette stratégie, tandis que Donald Trump cherche aussi à renforcer la place de l’IA dans le débat public.

Pendant qu’une partie du secteur demande de lever le pied sur l’IA, Donald Trump fait exactement l’inverse. Le président américain a annoncé la création d’une AI Force, avec l’idée de pousser le développement de la technologie plutôt que de le ralentir.

Le message compte, parce qu’il arrive au moment où plusieurs grands noms de l’industrie plaident pour plus de retenue. Et là, la Maison-Blanche prend une autre route. Franche. Sans ambiguïté.

Le virage opposé de Donald Trump sur l’intelligence artificielle

Il y a une semaine, Dario Amodei, patron d’Anthropic, a publié une longue proposition pour freiner le rythme de développement de l’IA. Peu après, des dirigeants de groupes concurrents, notamment OpenAI et xAI, ont dit partager cet appel à avancer à un rythme plus mesuré.

Donald Trump, lui, balaie cette ligne. Sa position est simple, freiner les progrès américains laisserait à la Chine l’occasion de revenir dans la course. Le sujet dépasse donc largement la tech. On est déjà dans le rapport de force géopolitique.

Une « AI Force » encore très floue

Sur la plateforme sociale Truth Social, Donald Trump a expliqué qu’il annoncerait prochainement la personne chargée de diriger cette nouvelle structure, qu’il présente comme un futur « AI czar ». En revanche, il n’a donné presque aucun détail concret sur le rôle de cette agence, ses missions ou son périmètre exact.

Il a simplement rapproché cette initiative de la création de la Space Force. Et il a affiché une ligne très favorable à l’industrie, écrivant « Nous n’entraverons ni n’étoufferons en aucune façon la croissance de cette industrie incroyable ». Puis : « Au contraire, nous la chérirons, nous l’aiderons et nous veillerons sur elle pendant sa croissance ». Le message est limpide.

Derrière l’annonce, la rivalité avec la Chine

Ce refus de ralentir le développement de l’IA s’inscrit dans un calendrier chargé. Donald Trump doit rencontrer son homologue chinois la semaine prochaine, et l’IA devrait figurer parmi les grands sujets de discussion.

Du coup, cette AI Force ressemble aussi à un signal politique envoyé à l’extérieur. Pas seulement à l’industrie américaine, mais aussi à Pékin.

Même le nom de l’IA est mis sur la table

L’annonce ne s’est pas arrêtée à la création d’une nouvelle structure. Donald Trump a aussi publié un sondage pour tenter de rebaptiser l’expression « intelligence artificielle ».

Parmi les pistes évoquées, il a proposé « intelligence extrême » ou « intelligence suprême », en expliquant chercher une formulation qu’il juge plus élégante et plus juste. Un détail, peut-être. Mais révélateur de la façon dont il veut installer le sujet dans le débat public.

Jordan Servan

Spécialiste Tech

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