En bref
- Nuñez conteste le « stock fantôme »
- Darmanin vise des dossiers non transmis
- Les deux ministères doivent se revoir
Entre Beauvau et la Justice, le ton s’est durci sur le suivi des dossiers de violences sexuelles sur mineurs. Au centre du désaccord, une note adressée fin juillet par Gérald Darmanin à Laurent Nuñez, après l’affaire Lyhanna, et la manière dont police, gendarmerie et parquets enregistrent puis transmettent ces affaires.
L’affaire Lyhanna a remis les dossiers sous pression
Le dossier a pris une autre dimension après la mort de Lyhanna, collégienne de 11 ans retrouvée morte en juin dans le Gers. Depuis cette affaire, Gérald Darmanin, devenu ministre de la Justice, a fait des violences sexuelles faites aux enfants une priorité pour les parquets.
C’est dans ce contexte qu’il a envoyé à son collègue de l’Intérieur un document de douze pages. Cette note synthétise des remontées venues des parquets généraux. Certaines sont décrites comme très dures pour les services d’enquête, avec l’idée que des dossiers n’auraient pas été transmis à la justice et ne seraient donc pas répertoriés dans ses outils.
Ce que Laurent Nuñez refuse dans le diagnostic
Jeudi, sur RTL, Laurent Nuñez a contesté frontalement la notion de « stock fantôme ». Pour lui, le fait qu’un dossier soit encore dans un service de police ou de gendarmerie ne veut pas dire qu’il a disparu, qu’il a été abandonné ou qu’il échappe au système informatique de la justice.
Le ministre de l’Intérieur a insisté sur un point, « Je ne veux pas laisser penser qu’il y a des dossiers qui restent en souffrance ». Il a aussi assuré que tous les dossiers étaient traités, avec des priorisations opérées par les effectifs en lien avec le parquet.
Même ligne sur le fond. Laurent Nuñez estime qu’on ne peut pas laisser croire, à travers cette note, que policiers et gendarmes en matière judiciaire laisseraient traîner les affaires. Il juge aussi qu’une partie des reproches adressés aux forces de sécurité intérieure n’est pas légitime.
Une passe d’armes entre deux ministères
La note, révélée il y a un mois, a provoqué un vif émoi dans les rangs policiers. Les critiques se sont multipliées contre Gérald Darmanin, d’autant qu’il occupait lui-même auparavant le ministère de l’Intérieur.
Une réunion entre les deux ministères devait se tenir jeudi. Elle n’a finalement pas permis d’éteindre la tension. Laurent Nuñez a annoncé qu’il verrait Gérald Darmanin dans les jours à venir pour travailler sur les observations remontées par les parquets.
Et il a prévenu qu’il répondrait « point par point ». Sa promesse, cette fois, est de le faire de manière constructive, avec les réponses des services de police et de gendarmerie.