Adopter des habitudes simples à vie réduirait de 38% le risque d’Alzheimer

Image d'illustration. Neurones du cerveau en actionADN
Adopter des habitudes simples au quotidien pourrait réduire significativement le risque de développer la maladie d'Alzheimer. Selon une récente étude, certains comportements ancrés tout au long de la vie diminueraient ce risque de près de 40 %.
Tl;dr
- L’engagement intellectuel freine le risque de démence.
- Lecture et apprentissage retardent Alzheimer jusqu’à 5 ans.
- L’effet dépasse l’influence du statut socio-économique.
Des activités stimulantes, un cerveau protégé
De nombreuses études l’évoquaient déjà, celle menée par une équipe du Rush University Medical Center aux États-Unis vient le confirmer : s’impliquer dans des activités intellectuelles tout au long de la vie pourrait repousser ou même prévenir la survenue de la démence. Parmi près de 1 939 personnes suivies, âgées en moyenne de 80 ans au début de l’enquête, les chercheurs ont constaté que les individus ayant cumulé le plus d’enrichissement cognitif voyaient leur risque de développer la maladie d’Alzheimer réduit de 38 %, et celui d’un trouble cognitif léger diminué de 36 %.
L’influence durable d’une vie curieuse
Il est intéressant de noter que les participants ont été interrogés sur leurs habitudes à trois âges distincts : douze ans, quarante ans et lors du début du suivi. Ils évoquaient alors la place occupée par la lecture, les visites en bibliothèque ou au musée, l’apprentissage des langues étrangères ou encore l’usage régulier du dictionnaire. Ces pratiques, lorsqu’elles étaient régulières, semblaient retarder l’apparition d’Alzheimer en moyenne de cinq années – et celle des troubles cognitifs légers d’environ sept ans.
La neuropsychologue Andrea Zammit, qui a participé à ces travaux, souligne que « Nos résultats montrent que la santé cognitive à un âge avancé dépend fortement d’une exposition continue à des environnements intellectuellement stimulants. »
Cerveau protégé dès l’enfance ?
L’étude va plus loin en s’intéressant à des prélèvements cérébraux réalisés après le décès de certains participants. On y retrouve une protection contre l’accumulation des protéines typiques de la maladie d’Alzheimer chez ceux ayant bénéficié dès l’enfance d’un environnement riche sur le plan intellectuel.
Même si le statut socio-économique a été pris en compte (revenu, accès à l’éducation…), les auteurs rappellent que ces facteurs n’expliquent pas tout : « L’enrichissement cognitif ne se résume pas aux avantages matériels », précisent-ils.
Un impact réel… mais nuancé
Bien sûr, on ne saurait affirmer que lire toute sa vie prémunit absolument contre tout déclin cognitif. De multiples facteurs interviennent : sommeil, activité physique, alimentation… De plus, il faut garder à l’esprit que cette recherche repose en partie sur les souvenirs des participants concernant leurs pratiques passées.
Cependant, ces résultats alimentent une conviction grandissante : solliciter régulièrement son esprit – qu’il s’agisse de mots croisés ou d’apprendre une nouvelle langue – participe activement au maintien du cerveau. D’ailleurs, voici quelques recommandations issues des conclusions :
- Misez sur la lecture variée et régulière.
- Cultivez votre curiosité avec musées ou dictionnaires.
- N’hésitez jamais à apprendre… quel que soit votre âge.
À tous les âges donc : il n’est jamais trop tôt ni trop tard pour adopter des habitudes bénéfiques. Des investissements publics favorisant un accès élargi aux environnements culturels (bibliothèques, programmes éducatifs…) pourraient bien contribuer à réduire le poids futur de la démence dans nos sociétés.