En bref
- New York interdit les lunettes connectées dans tous ses tribunaux.
- La mesure vise à empêcher les enregistrements discrets et protéger la confidentialité des audiences.
- Cette restriction pourrait inspirer d’autres lieux face aux risques liés aux caméras portables.
À partir du 20 juillet 2026, entrer dans un tribunal de l’État de New York avec des lunettes connectées ne sera plus possible. Il faudra les remettre à des agents judiciaires en uniforme avant de passer les portes du bâtiment. Et la règle ne vise pas seulement le public.
À l’entrée, les appareils devront rester dehors
La mesure s’appliquera dans les 1240 tribunaux de l’État, qu’ils soient d’État, de comté, de ville, de village ou de commune. Sont visés tous les équipements portés sur la tête ou les yeux intégrant une caméra et un microphone.
Même les modèles avec verres correcteurs sont concernés. Les panneaux déjà affichés sur les portes du Honorable James C. Torney III Criminal Courthouse demandent d’ailleurs de venir avec une paire de lunettes classique pour l’intérieur. Avocats, employés et visiteurs devront tous laisser leur appareil à l’entrée.
Pourquoi l’État serre la vis ?
Le fond du sujet, c’est la captation interdite dans les tribunaux. Le règlement du New York State Unified Court System interdit déjà les photos, les films, les vidéos, les enregistrements audio, ainsi que toute diffusion dans un palais de justice, qu’il s’agisse d’une salle d’audience, d’un bureau ou même d’un couloir, et cela même hors audience.
Les lunettes connectées compliquent le contrôle, parce qu’elles permettent de filmer ou de prendre des images sans sortir un téléphone ni lever une caméra. En théorie, ces appareils affichent un voyant lumineux quand une photo ou une vidéo est lancée. Mais ce voyant peut être désactivé ou retiré après modification, ce qui change tout pour la surveillance. Pas de quoi surprendre les tribunaux.
L’affaire Mark Zuckerberg a mis le sujet en pleine lumière
Un épisode a clairement attiré l’attention en février. Lors du témoignage de Mark Zuckerberg dans un procès avec jury sur l’addiction aux réseaux sociaux, des membres de son équipe accompagnaient le patron de Meta en portant des lunettes Meta Ray-Ban.
Le juge avait alors averti qu’il ne fallait pas enregistrer les débats avec ces appareils. Rien n’indiquait qu’un enregistrement avait déjà eu lieu, mais la crainte portait notamment sur une possible captation des jurés et sur leur identification.
New York ouvre la voie, d’autres lieux suivent déjà
Des tribunaux du Wisconsin et de Pennsylvanie refusent déjà ces appareils, mais New York devient le premier État américain à imposer une interdiction générale dans l’ensemble de ses tribunaux.
De son côté, Meta explique que ses lunettes ne prennent pas de photo ni de vidéo si le système détecte que la LED de capture est couverte. L’entreprise déploie aussi une mise à jour pour couper la caméra si cette LED a été physiquement altérée ou détruite.
Et les restrictions ne s’arrêtent pas aux tribunaux. Cette année, Royal Caribbean a banni les lunettes connectées dans certaines zones de ses navires, comme les toilettes publiques, les espaces jeunesse, les zones médicales et les casinos. MSC Cruises avait déjà adopté une interdiction partielle l’an dernier pour des raisons de vie privée. Dans l’Illinois, des élus envisagent aussi d’ajouter ces appareils à la liste des dispositifs interdits au volant.