États-Unis : 85.000 dollars d’indemnisation pour une musulmane contrainte de retirer son voile
La justice américaine vient d'accorder 85.000 dollars d'indemnisation à une femme musulmane contrainte de retirer son voile durant une garde à vue. Des dommages et intérêts validés dans le cadre d'un accord amiable.
En mai 2015, Kristy, une trentenaire de confession musulmane, avait été arrêtée lors d’un contrôle routier à Long Beach (Californie, États-Unis). Cette afro-américaine s’était vu signifier par les agents de police de retirer son foulard, et d’avoir été placée en garde à vue sans son voile, retiré devant des policiers masculins et des dizaines de détenus.
Elle avait également demandé que sa fouille soit effectuée par une policière, une requête qui sera restée lettre morte. Kristy n’a toutefois pas observé le silence sur cette affaire en déposant ainsi plainte. Mardi, le Grand Bureau du Conseil des relations américano-islamiques de Los Angeles (CAIR-LA) a annoncé sur son site qu’un accord amiable a finalement été trouvé entre les différentes parties.
Contrainte de retirer son voile en garde à vue, elle obtient un accord amiable
Le conseil municipal de Long Beach a validé l’accord comprenant le versement de 85.000 dollars (environ 72.000 euros) de dommages et intérêts à Kirsty, pour qui l’expérience vécue il y a deux ans a été « profondément traumatisante ».
Le CAIR a ajouté qu’après le dépôt de la plainte, le département de police de Long Beach (LBPD) a revu sa politique, laquelle prend désormais en compte les couvre-chefs religieux de personnes placées en garde à vue. Ce faisant, les autorités de Long Beach rejoignent les juridictions des comtés de San Bernardino et d’Orange sur la question.
Une politique modifiée au sein de la police de Long Beach
Monte Machit, procureur assistant de la ville de Long Beach, a confirmé que le voile d’une détenue ne peut maintenant être retiré que par des officiers de sexe féminin, à l’abri du regard des hommes et seulement si l’agent estime que ce geste garantit sa sécurité.
Lorsqu’elle avait porté plainte, Kirsty n’avait demandé que justice : « Je ne souhaite à personne de vivre que j’ai ressenti durant cette expérience. Je veux que mes sœurs musulmanes se sentent toujours à l’aise et en sécurité en portant un hijab et qu’elles défendent ce qui est juste. »