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Affaire Lyhanna : ce que prévoit déjà la castration chimique, qui revient dans le débat

Société > Justice
Par Jérôme Nelra,  publié le 12 juin 2026 à 21h00.
Société
Comprimés blancs

Image d'illustration. Comprimés, médicaments.ADN

Relancée par Bruno Retailleau après l’affaire Lyhanna, la castration chimique existe déjà en France. Mais son cadre reste strict et limité.

En bref

  • La mesure existe déjà en France
  • Elle exige aujourd’hui l’accord du condamné
  • Le débat politique repart après Lyhanna

En France, la castration chimique n’est pas une idée nouvelle surgie du débat politique. Elle existe déjà dans le droit, mais dans un cadre limité, médicalisé, et avec l’accord de la personne condamnée. C’est ce point qui revient au centre des discussions après l’affaire Lyhanna.

Un débat relancé par l’affaire Lyhanna

Mercredi 11 juin 2026, sur BFMTV, Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains et candidat LR à la présidentielle de l’an prochain, a réclamé une version obligatoire de la mesure pour les criminels sexuels jugés les plus dangereux et les plus exposés au risque de récidive.

Il a justifié cette proposition par la difficulté, selon lui, à mettre en place des peines de prison incompressibles. Bruno Retailleau a déclaré : « D’où ma proposition de castration chimique obligatoire pour les individus les plus dangereux, qui ont les plus grands risques de récidive ». Puis il a ajouté : « On ne peut pas laisser nos enfants comme une proie vis-à-vis de ces criminels ».

Ce que recouvre vraiment ce traitement

Le site service-public.fr parle d’un traitement inhibiteur de libido. En pratique, il s’agit d’un traitement médical qui réduit la production de testostérone grâce à des médicaments, avec pour objectif de diminuer les pulsions sexuelles.

Ce point compte, parce que le terme prête vite à confusion. Le traitement n’empêche pas les rapports sexuels, mais il les rend beaucoup moins fréquents. Il n’entraîne pas de mutilation du corps humain et ses effets cessent à l’arrêt du traitement. Autrement dit, il est réversible. Et en France, il n’existe pas de castration physique pour les délinquants sexuels.

Quand elle peut être mise en place en France

La mesure vise les auteurs d’infractions sexuelles, qu’il s’agisse d’un viol ou d’agressions sexuelles sur majeur comme sur mineur.

Elle peut intervenir dans plusieurs cadres, notamment lors d’une surveillance de sûreté, d’une libération conditionnelle, d’un suivi sociojudiciaire ou d’une surveillance judiciaire. Mais le juge ne décide pas seul du traitement. Il faut une expertise médicale, puis une injonction de soins prononcée par les juges.

Le site service-public.fr précise d’ailleurs que ce traitement est décidé par le médecin traitant de la personne condamnée à une injonction de soins. La juridiction pénale, elle, ne peut pas l’ordonner directement.

Consentement obligatoire, sanctions en cas de refus

Aujourd’hui, le consentement de la personne condamnée reste nécessaire. C’est l’un des points clés du dispositif actuel.

Mais ce refus n’est pas sans conséquence. La personne concernée s’expose à des sanctions pénales pouvant aller jusqu’à 3 ans d’emprisonnement en cas de délit, et 7 ans en cas de crime.

Des réserves sur l’efficacité de la mesure

Sur le plateau, d’autres responsables politiques ont exprimé leurs doutes. Marine Tondelier, cheffe des Écologistes et candidate pour 2027, a insisté sur la prise en charge de la santé mentale. Elle a estimé : « Il y a aussi un problème de santé mentale quand même assez large dans le pays, sous des tas d’aspects, et qu’on ne sait pas prendre en charge ».

Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, s’est lui aussi montré réservé sur la fin du volontariat. Il a avancé une autre piste, le bracelet électronique après la sortie de prison, avec des bracelets anti-rapprochement pour empêcher l’accès à une école ou à une crèche.

Le Récap
  • En bref
  • Un débat relancé par l’affaire Lyhanna
  • Ce que recouvre vraiment ce traitement
  • Quand elle peut être mise en place en France
  • Consentement obligatoire, sanctions en cas de refus
  • Des réserves sur l’efficacité de la mesure
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