Israël et l’Iran renouent avec les frappes, la trêve vacille encore

Image d'illustration. Washington et les voisins craignent l'escalade entre Israël et Iran.ADN
Après deux mois de cessez-le-feu, Israël et l’Iran ont repris les attaques. Les marchés, les voisins et Washington redoutent un nouvel emballement.
En bref
- La trêve Israël-Iran a volé en éclats
- Trump craint pour les négociations en cours
- Le pétrole grimpe, la région se referme
Le cessez-le-feu du 8 avril n’aura tenu que deux mois. Lundi 8 juin, Israël a frappé l’Iran après de nouveaux tirs de missiles iraniens, une première depuis la trêve. Le signal est clair, le conflit repart et il menace à nouveau la région, au moment même où Donald Trump tente encore d’arracher un accord avec Téhéran.
Une trêve de deux mois qui ne tient plus
Après 100 jours de guerre, la pause semblait déjà très fragile. Elle l’est encore moins depuis cette séquence. L’armée israélienne dit avoir intercepté des missiles tirés depuis l’Iran, trois vagues en moins de 24 heures selon elle, dont 11 missiles balistiques lors des deux premières.
À Jérusalem, une explosion a été entendue au moment d’une alerte aérienne. Côté iranien, la télévision d’État a signalé des explosions à Téhéran, mais aussi à Tabriz et Ispahan. L’aviation israélienne affirme avoir visé des cibles militaires dans l’ouest et le centre du pays.
Frappes croisées entre Téhéran, Jérusalem et le Liban
L’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, a précisé que des sites de lancement de missiles sol-sol avaient été visés, ainsi que des infrastructures sans lien avec l’énergie. Il a ajouté, en substance, qu’aucun État n’accepterait une telle attaque.
Téhéran présente ses tirs comme un avertissement. Ils répondent, selon les autorités iraniennes, à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, qui a fait deux morts et 20 blessés malgré la trêve théorique entre le Liban et Israël.
L’agence officielle libanaise ANI a aussi fait état lundi matin de frappes israéliennes près de Tyr, dans le sud du pays. Le conseiller diplomatique iranien Ali Safari a assuré que les missiles avaient été tirés après plus d’un mois de retenue face à des violations répétées du cessez-le-feu.
Trump pousse à l’accord, le pétrole repart à la hausse
Le retour des frappes complique un peu plus les discussions entre Washington et Téhéran. D’après Axios, Donald Trump a parlé dimanche soir avec Benjamin Netanyahu pour lui demander de ne pas riposter. Aucun compte rendu officiel n’a été publié.
Le président américain, cité par le journaliste Barak Ravid, affirme qu’un accord définitif avec l’Iran est proche et qu’il ne veut pas le voir échouer à cause des événements en cours. Mais les blocages restent lourds, entre le détroit d’Ormuz, le programme nucléaire iranien, son stock d’uranium enrichi et les avoirs gelés à l’étranger.
Effet immédiat, le pétrole remonte. Le baril de Brent a bondi de plus de 3 % et dépassé environ 89 euros (96 dollars).
Écoles fermées, espaces aériens perturbés, région sous tension
Le conflit déborde déjà au-delà du face-à-face direct. Israël a dit avoir détecté un missile tiré depuis le Yémen. Les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé une frappe contre des groupes qualifiés de terroristes à Souleimaniyé, dans le Kurdistan irakien. En Arabie saoudite, une alerte brève a aussi été diffusée dans la province d’Al-Kharj.
Sur le terrain, les conséquences sont immédiates. Israël ferme toutes ses écoles. L’Irak a fermé temporairement son espace aérien, comme la Syrie en partie. Et l’ouest de l’Iran n’est plus accessible par les airs, avec suspension des vols à l’aéroport Imam Khomeini de Téhéran.
La cheffe de la diplomatie britannique, Yvette Cooper, a résumé l’inquiétude du moment en appelant à « une désescalade immédiate ». C’est sans doute le point le plus concret, ce lundi.