Le VRS, un virus sous-estimé, provoque chaque année 25 000 hospitalisations de seniors

Image d'illustration. Chambre hopitalADN
Chaque année en France, le virus respiratoire syncytial (VRS) entraîne l’hospitalisation de 25 000 personnes âgées, révélant l’ampleur souvent sous-estimée des infections respiratoires graves qui frappent les seniors.
Tl;dr
- Le VRS touche gravement bébés et personnes âgées.
- Les seniors sous-estiment les risques liés au VRS.
- Vaccins disponibles, mais peu remboursés pour les aînés.
Un virus sous-estimé chez les seniors
Dans l’esprit collectif, le virus respiratoire syncytial (VRS) évoque avant tout la menace qu’il fait peser sur les tout-petits. Pourtant, au fil des études, il apparaît que ses conséquences sur les plus âgés restent bien mal évaluées, et souvent minimisées. Si chez les nourrissons, parents et soignants prennent la mesure du risque – en particulier autour de la bronchiolite –, la population senior semble moins informée face à ce danger insidieux.
Bébés et personnes âgées : deux publics à risque
Parmi les populations touchées, deux groupes se distinguent par leur vulnérabilité. D’un côté, les nouveau-nés : selon une enquête menée début 2026 par IPSOS, près de 45 % des futures mères considèrent le VRS comme l’agent infectieux le plus préoccupant pour leur bébé ; un chiffre qui grimpe à 54 % lors du troisième trimestre de grossesse. Les infections, majoritairement bénignes, restent néanmoins la principale cause de bronchiolite chez l’enfant de moins de deux ans. De l’autre côté du spectre, les plus de 75 ans (et dès 65 ans en cas de comorbidités) constituent l’autre groupe à haut risque : maladies respiratoires chroniques telles que la BPCO, asthme, pathologies cardiovasculaires ou diabète augmentent nettement la gravité potentielle d’une infection.
Lourde charge pour le système de santé
Ce qui frappe dans les dernières données publiées par Pfizer, c’est le décalage entre l’incidence réelle des hospitalisations liées au VRS et celle effectivement comptabilisée. Les symptômes étant peu spécifiques — toux, fatigue persistante ou essoufflement — ils passent facilement sous le radar médical, d’autant que le vieillissement affaiblit les signes inflammatoires habituels comme la fièvre. Les conséquences ? Un risque accru de complications pulmonaires graves, parfois même une perte d’autonomie.
D’après une méta-analyse européenne réalisée entre 2000 et 2019 :
- 5 à 7,8 % des infections respiratoires symptomatiques chez les personnes âgées sont dues au VRS ;
- Le taux de mortalité atteint 8 % dans cette population ;
- 25 000 hospitalisations annuelles, pour un coût dépassant celui de la grippe (104,5 M€ contre 102,1 M€ par an chez les plus de 65 ans).
Vaccination : une protection encore inégale
Côté prévention, quelques avancées existent. Chez la femme enceinte – uniquement entre la 32ᵉ et la 36ᵉ semaine d’aménorrhée –, le vaccin Abrysvo, intégralement remboursé par l’Assurance maladie, offre une protection indirecte au nourrisson jusqu’à six mois grâce au transfert d’anticorps maternels. Pour les seniors toutefois, trois vaccins (Abrysvo, Arexvy ou mResvia) sont proposés, mais sans prise en charge systématique : seuls ceux présentant certaines comorbidités y ont accès gratuitement.
Alors que le poids du VRS s’alourdit sur notre système hospitalier – au même titre que celui de la grippe –, il semble urgent d’accroître l’information auprès des plus âgés et de faciliter leur accès à la vaccination.