En 2024, les hôpitaux publics et privés confrontés à un déficit inédit

Image d'illustration. Hopital 1ADN
En 2024, les établissements hospitaliers, qu’ils soient publics ou privés, font face à une situation financière inédite : leur déficit atteint un niveau sans précédent, révélant l’ampleur des tensions économiques qui pèsent sur le secteur de la santé.
Tl;dr
- Déficit record des hôpitaux publics en 2024.
- Bénéfices des cliniques privées en forte baisse.
- Endettement persistant dans tous les établissements de soins.
Des chiffres qui témoignent d’une aggravation générale
Les derniers résultats dévoilés par la direction statistique des ministères sociaux mettent en lumière une situation financière préoccupante pour l’ensemble des établissements de santé. En 2024, le déficit cumulé des hôpitaux publics atteint désormais 2,9 milliards d’euros. Ce chiffre, déjà élevé l’an dernier, s’aggrave encore par rapport à 2023 où il s’établissait à 2,4 milliards, selon la Drees. D’après ce service d’étude, le résultat net rapporté aux recettes plonge à -2,7 %, un niveau jamais observé depuis le début du suivi en 2005.
L’endettement toujours au cœur des préoccupations
Face à cette dégradation persistante, les hôpitaux ne sont pas les seuls concernés. Même si « l’encours de la dette diminue pour la troisième année consécutive et s’établit à 29,9 milliards d’euros », soit 27,9 % des recettes globales du secteur hospitalier selon la même source, l’effort d’investissement connaît un ralentissement notable. Un point que l’étude souligne avec prudence : « les plans de soutien et de relance mis en place depuis la crise sanitaire portent leurs fruits sur la dette », mais ils semblent avoir atteint leurs limites sur le plan de l’investissement. Autre indicateur inquiétant : la proportion d’établissements jugés surendettés repart à la hausse et retrouve presque son niveau de 2020 — précisément 33 % en 2024 contre 34 % il y a quatre ans.
Bénéfices sous pression et disparités marquées chez les privés
Le panorama côté privé n’est guère plus rassurant. Les cliniques privées, malgré leur meilleure réputation financière ces dernières années, voient leur bénéfice net cumulé reculer nettement : il ne s’élève plus qu’à 194 millions d’euros (soit seulement 1 % des recettes), contre 331 millions (1,7 %) en 2023. Parallèlement, la proportion de structures déficitaires augmente, elle aussi, — passant de 33 % à 36 % en douze mois.
Dans ce secteur privé, il existe cependant d’importantes différences selon les activités exercées :
- La psychiatrie affiche une rentabilité plus de onze fois supérieure aux autres spécialités médicales.
- Médecine-chirurgie-obstétrique ou soins médicaux-réadaptation restent bien moins profitables.
Une dynamique négative qui s’installe durablement ?
En définitive, que ce soit pour les acteurs publics ou privés comme les cliniques privées, l’enjeu majeur demeure celui du financement durable face à un endettement structurel. L’augmentation du nombre de cliniques privées surendettées — elles représentent désormais 21 % en 2024 contre 19 % un an plus tôt — illustre bien cette tension persistante qui traverse tout le secteur des soins. Le tableau général esquissé par la Drees ne laisse guère place à l’optimisme immédiat ; il souligne au contraire une fragilité croissante du modèle économique hospitalier français.