L’Union européenne enquête sur l’addiction à l’application Shein et la vente de produits illicites

Image d'illustration. SheinADN
Les autorités européennes examinent de près les pratiques du géant chinois de la mode Shein, suspecté d’inciter à une utilisation excessive de son application et d’écouler des produits non conformes aux réglementations en vigueur sur le continent.
Tl;dr
- La Commission européenne enquête sur Shein pour vente présumée de produits illégaux et pratiques d’achat jugées addictives.
- L’investigation porte sur les algorithmes de recommandation et les systèmes de points, afin d’exiger transparence et garde-fous.
- Shein pourrait faire face à des amendes et des obligations de mise en conformité pour continuer à opérer en Europe.
Le coup de projecteur européen sur Shein
Pour la plateforme de mode à bas prix Shein, les remous réglementaires ne faiblissent pas. Cette fois, c’est la Commission européenne qui s’attaque frontalement au géant singapourien, pointant du doigt la vente présumée de produits illégaux – parmi lesquels des contenus aussi graves que du matériel lié à l’abus sexuel d’enfants. Mais ce n’est pas tout : le design même de son expérience d’achat est sous le feu des critiques.
L’ombre du Digital Services Act
L’investigation, formellement ouverte sous l’égide du nouveau Digital Services Act (DSA), s’inscrit dans un contexte où les autorités européennes veulent renforcer leur emprise sur les services en ligne. Au centre de l’attention : la façon dont Shein encourage l’engagement des utilisateurs, notamment via des systèmes de points et récompenses. L’objectif ? Déterminer si ces mécanismes contribuent à rendre la plateforme addictive et, plus important encore, si l’entreprise a mis en place des garde-fous pour limiter ces risques.
Les pratiques algorithmiques constituent une autre zone d’ombre. Ainsi, la Commission exige que le détaillant détaille ses méthodes de recommandation : comment les produits sont-ils suggérés ? Les utilisateurs disposent-ils d’une alternative non fondée sur le profilage ? Sur ces aspects aussi, l’UE entend obtenir transparence et garanties.
Pressions et précédents dans le viseur européen
Il serait tentant d’y voir un cas isolé. Pourtant, ce nouvel épisode s’inscrit dans une série plus vaste : récemment, après enquête, le low-cost concurrent Temu a été reconnu en infraction avec le DSA. D’autres grands acteurs comme TikTok ou encore la plateforme X se voient également sommés d’expliquer leurs choix algorithmiques ou d’adapter leur conception jugée « addictive ». Le curseur européen se déplace clairement vers une régulation plus stricte.
En toile de fond, le parcours récent de Shein reste jonché d’obstacles. Outre l’Europe, la société a déjà été visée par des enquêtes aux États-Unis : au Texas notamment, où ses pratiques en matière de travail forcé et d’utilisation potentielle de substances toxiques ont été épinglées.
L’issue : amendes et exigences potentielles
Dans cette dynamique réglementaire accrue, la suite dépendra des preuves collectées par Bruxelles. Voici ce qui pourrait attendre la plateforme :
- Amendes substantielles, si des violations sont confirmées.
- Mises en conformité obligatoires, conditionnant sa présence sur le marché européen.
En définitive, difficile aujourd’hui pour tout acteur du numérique échappant à une telle exposition médiatique et légale d’espérer naviguer hors du radar bruxellois plus longtemps.