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Rachida Dati face à la justice : retour sur les soupçons de lobbying et les 900 000 euros perçus

Actualité > Justice > Gouvernement > Rachida Dati
Par Jérôme Nelra,  publié le 23 juillet 2025 à 19h00.
Actualité
Image d'illustration. Statue de la justice dans un parc

Image d'illustration. Statue de la justice dans un parcADN

Rachida Dati, ancienne ministre et actuelle maire du 7ᵉ arrondissement de Paris, doit comparaître prochainement devant la justice. En cause : la perception de 900 000 euros et des soupçons de corruption liés à des activités de conseil.

Tl;dr

  • Rachida Dati renvoyée devant le tribunal correctionnel.
  • Accusations de corruption et prestations douteuses chez Renault-Nissan.
  • Dati conteste et conserve son poste au gouvernement.

Un renvoi qui secoue le paysage politique

Au cœur de l’actualité judiciaire, la décision des juges d’instruction de renvoyer Rachida Dati, ministre de la Culture, devant le tribunal correctionnel aux côtés de l’ex-PDG Carlos Ghosn, ravive les tensions politiques et médiatiques. Ce nouveau développement dans ce que l’on appelle déjà « l’affaire Dati-Ghosn » fragilise la potentielle candidate à la mairie de Paris.

Les accusations sont lourdes : corruption, trafic d’influence passif en tant qu’élue européenne, ainsi que recel d’abus de pouvoir et d’abus de confiance. Quant à Carlos Ghosn, il devra répondre d’abus de pouvoirs, corruption active et autres délits financiers.

L’origine d’un dossier complexe

L’affaire trouve ses racines en novembre 2018, lors de l’arrestation retentissante de Carlos Ghosn à Tokyo pour malversations financières.

L’audit commandé par Renault-Nissan conduit rapidement à une plainte ciblant également Rachida Dati. En toile de fond : des contrats estimés suspects par une actionnaire minoritaire, qui s’interroge sur l’ampleur et la légitimité des sommes versées à certains conseillers externes français du groupe automobile. Dès 2019, le Parquet national financier ouvre une enquête visant spécifiquement des soupçons d’abus de biens sociaux et de corruption.

Sous le feu des critiques et des soutiens politiques

Invitée sur LCI pour réagir, la ministre a dénoncé une procédure « émaillée d’incidents » où, selon elle, « les magistrats marchent sur les droits de la défense ». Affirmant qu’elle ne démissionnera pas, elle conteste toute accusation de lobbying dissimulé sous couvert de sa profession d’avocate lorsqu’elle était députée européenne. Elle souligne la réalité du travail fourni et réfute les mécanismes présumés de dissimulation évoqués par l’enquête.

Malgré cette tempête judiciaire, l’entourage du président Emmanuel Macron rappelle qu’un renvoi n’est pas synonyme de condamnation ; Mme Dati conserve donc son portefeuille ministériel. Tandis que certains adversaires politiques réclament sa démission – « Paris mérite un maire, pas un prévenu », assène notamment le socialiste Emmanuel Grégoire –, elle bénéficie encore du soutien affiché par le ministre de la Justice Gérald Darmanin, qui souhaite la voir candidate en 2026.

D’autres affaires en toile de fond

Pour rendre le tableau plus complexe encore, plusieurs révélations récentes entachent un peu plus l’image publique de Rachida Dati. Selon Le Nouvel Obs ou France 2, la ministre aurait omis certaines déclarations concernant ses revenus ou son patrimoine auprès des autorités compétentes comme la HATVP. Ces éléments ont entraîné signalements et enquêtes complémentaires.

Prochaine échéance judiciaire attendue : L’audience préparatoire fixée au 29 septembre pour déterminer la date du procès – lequel pourrait coïncider avec les municipales prévues en mars 2026.

En attendant, cette affaire met en lumière les défis d’éthique auxquels se trouvent confrontés plusieurs responsables publics au sommet de l’État.

Le Récap
  • Tl;dr
  • Un renvoi qui secoue le paysage politique
  • L’origine d’un dossier complexe
  • Sous le feu des critiques et des soutiens politiques
  • D’autres affaires en toile de fond
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