Commerce : les fédérations réclament le retrait de Shein et Temu des plateformes en ligne

Image d'illustration. Page d accueil dynamique d une boutique en ligne sur ordinateur portable.ADN
Les principales organisations représentant le secteur du commerce appellent au retrait des plateformes Shein et Temu des moteurs de recherche. Elles s’inquiètent de leurs pratiques commerciales jugées déloyales et de l’impact sur la concurrence française.
Tl;dr
- Les fédérations demandent le déréférencement de Shein et Temu.
- Jusqu’à 95 % des produits non conformes sur ces sites.
- Appel à l’égalité de traitement avec les commerçants français.
Le secteur du commerce monte au créneau
Face à la montée en puissance des plateformes d’ultra fast fashion, le secteur du commerce en France hausse le ton. Dans une lettre adressée lundi au gouvernement, plusieurs fédérations, parmi lesquelles le Conseil du Commerce de France (CDCF) et la Confédération des Commerces de France (CCF), réclament expressément le déréférencement des sites chinois Shein et Temu. Une demande relayée alors même qu’une proposition de loi ciblant ces géants est examinée au Parlement.
Des manquements massifs pointés du doigt
Selon des enquêtes européennes récemment évoquées par ces organisations, entre 85 % et 95 % des produits vendus sur Shein, Temu, voire AliExpress, ne respecteraient pas les normes en vigueur dans l’Union européenne. Cette situation suscite un profond malaise chez les professionnels français qui s’estiment lésés.
Les deux fédérations, soutenues par quatorze autres associations et plus de 230 enseignes — soit près de 80 % du secteur, rappellent que la législation actuelle donne déjà à la DGCCRF, l’organisme chargé de la répression des fraudes, les moyens juridiques pour agir : « Le Code de la consommation permet à la DGCCRF, en cas de manquements graves et persistants, d’ordonner le déréférencement, la suspension ou même le blocage de l’accès à un site. »
L’équité commerciale en question
Une question d’égalité de traitement, affirment-elles. Car pour illustrer ce sentiment d’injustice, les fédérations citent un chiffre sans appel issu du gouvernement : « Un commerçant français qui vendrait 94 % de produits non conformes dont 66 % pour dangerosité serait fermé sur-le-champ. »
Difficile, dans ce contexte, pour les acteurs locaux d’accepter ce qu’ils considèrent comme une distorsion manifeste.
Périls sécuritaires… mais pas seulement
Cependant, l’enjeu ne se limite pas aux risques liés à la sécurité des consommateurs. Les fédérations insistent également sur une liste précise d’autres infractions commises par ces plateformes :
- Evasion de TVA
- Détournement des droits de douane
- Passe-droits sur les périodes de soldes
- Irrégularités dans l’étiquetage et la transparence commerciale
Tous ces agissements se font « au détriment des commerçants français, des marketplaces responsables, des PME qui investissent dans la conformité. » L’appel lancé par les fédérations sonne donc comme un signal fort pour rétablir un minimum d’équité sur le marché hexagonal.