Pesticide en Gironde : deux châteaux viticoles mis en examen

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France
Un tracteur épandant des pesticides. Image d'illustration.

Suite à un épandage à proximité d’une école en 2014, deux châteaux viticoles de Gironde ont été mis en examen pour « usage inapproprié de produits phytopharmaceutiques».

En 2014, dans la commune de Villeneuve de Blaye, une institutrice et vingt-trois d’enfants de l’école primaire avaient été pris de malaises suite à l’épandage de pesticides des domaines viticoles voisins. À l’époque, bien que l’affaire ait ému la ministre de l’environnement Ségolène Royal, la plainte avait été classée sans suite par le parquet de Libourne. Puis, la SEPANSO (Société pour l’Etude et l’Aménagement de la Nature dans le Sud-Ouest) avait repris les armes en faisant ouvrir une information judiciaire contre X en décembre 2015. Aujourd’hui, deux châteaux viticoles de Gironde sont mis en examen pour « usage inapproprié de produits phytopharmaceutiques ».

Deux châteaux viticoles du bordelais mis en examen

Les deux domaines visés par la mise en examen prononcée ce 17 octobre sont le Château Escalette et le Château Castel La Rose, tous d’eux appartenant aux domaines d’appellation Côte de Bourg. Le premier est certifié bio et utilise des produits d’épandage à base de cuivre alors que le second utilise les techniques traditionnelles à base  pesticides de synthèses.

Bien que les pesticides utilisés dans les deux cas comportent des mises en garde sur les risques de nocivité, ils sont toutefois autorisés. Mais la SEPANSO et l’association « Générations Futures » qui lutte contre l’usage des pesticides, constitués partie civile au procès, souhaitent fermement que les châteaux en question soient poursuivis en justice pour non-respect du Code rural. L’avocat de la SOPANCO Me François Ruffé a par ailleurs précisé à l’AFP : « On ne poursuit pas la viticulture, on poursuit ses excès ».

L'enquête devant notamment démontrer que les conditions de vent étaient bonnes pour un épandage en règle, les domaines viticoles incriminés n’ont pas souhaité réagir pour le moment. C’est le président des vins de l'appellation Côte de Bourg, Jean-Samuel Eynard, qui a récemment commenté : "Je ne peux pas être derrière chaque viticulteur de l'appellation. Ils connaissent le contexte et les critères d'utilisation de ces produits, ils doivent les respecter". Il cependant prit le soin de rappeler que pour l’instant les châteaux mis en examen étaient "présumés innocent".

Vers un nouvel arrêt interministériel contre les pesticides

Bien que le procès soit déjà bien avancé comme le souligne un des avocats, il faudra patienter quelques mois avant de connaître la décision de la justice. Cela laisse le temps au gouvernement de promulguer le nouvel arrêté sur le sujet des pesticides prévu par le Premier Ministre Emmanuel Valls. Il précisait d’ailleurs, lors de sa dernière visite en Gironde du 27 octobre, que : « le nouvel arrêté, tant dans son architecture que dans les mesures de fond, sera pour l’essentiel le même que celui de 2006 » avec une ouverture sur les précautions liées à la technologie et aux pratiques.

Crédits photos : Pixabay

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