La justice maintient la commercialisation de la bière « Levrette »

Image d'illustration. Des amis partagent une bière. ADN
La justice a statué en faveur du maintien de la commercialisation de la bière « Levrette », mettant ainsi fin à la contestation visant ce nom jugé provocateur. Cette décision confirme le droit de l’entreprise à poursuivre ses ventes.
Tl;dr
- Levrette autorisée comme marque de bière par la justice.
- Addictions France voit sa lutte freinée.
- Slogans grivois et dessins humoristiques toujours interdits.
La justice tranche en faveur de la marque « Levrette »
La bataille judiciaire autour de la marque de bière Levrette vient de connaître un tournant décisif. La plus haute juridiction française, la Cour de cassation, a estimé que le groupe mayennais Beer Market pouvait continuer à utiliser cette dénomination sur ses bouteilles et son site Internet. Cette décision, rendue mardi, constitue un revers pour l’association Addictions France, engagée depuis des années contre les stratégies publicitaires jugées séduisantes, voire aguicheuses, du secteur de l’alcool.
Publicité et loi Evin : où placer la limite ?
Si certains noms sont choisis pour leur caractère interpellant, force est de constater que les marques rivalisent d’imagination. L’utilisation de la marque Levrette, assortie sur les conditionnements ou en ligne d’expressions comme « bière blonde de position » ou « une petite levrette entre amis », mais aussi de dessins humoristiques mettant en scène des lapins anthropomorphes, suscitait depuis longtemps l’agacement des défenseurs de la santé publique. Selon eux, ces méthodes visent particulièrement à capter l’attention des jeunes consommateurs.
Mais tout n’est pas permis : la loi Evin impose que toute publicité relative aux boissons alcoolisées se limite à des données factuelles (composition, origine, dénomination). Elle interdit toute tentative d’associer la consommation à une image festive ou débridée.
L’arrêt : victoire partielle pour Beer Market
L’arrêt rendu ne blanchit pourtant pas totalement Beer Market. Car si le droit d’utiliser le nom Levrette est confirmé, plusieurs éléments du jugement antérieur restent applicables. Ainsi, les magistrats maintiennent l’interdiction faite au brasseur d’user sur son site internet :
- de slogans à connotation grivoise,
- d’illustrations humoristiques en lien avec le produit.
Autrement dit, si le nom survit à la procédure judiciaire, les éléments considérés comme relevant du marketing suggestif demeurent proscrits.
Addictions France persiste malgré le revers judiciaire
Pour Addictions France, la pilule passe mal. Son représentant aux affaires publiques, Franck Lecas, regrette une décision qui selon lui « fait fi de la réalité du marché ». Pourtant l’association ne compte pas baisser les bras : elle entend poursuivre son action devant la cour d’appel à laquelle l’affaire est renvoyée pour examen complémentaire.
Ainsi s’esquisse une nouvelle étape dans le délicat équilibre entre liberté commerciale et protection contre les stratégies jugées dangereuses des industriels de l’alcool.